(Vancouver) La directrice financière de Huawei Meng Wanzhou s’est refusée lundi à commenter des informations sur des discussions entre le géant chinois des télécoms et l’administration américaine en vue de son éventuelle libération, alors qu’ont repris à Vancouver les audiences dans le cadre de sa procédure d’extradition.

Agence France-Presse

Mme Meng, en résidence surveillée dans sa maison de Vancouver depuis son arrestation fin 2018 à la demande des États-Unis, n’a pas répondu à une question d’un reporter de l’AFP qui l’interrogeait à ce sujet alors qu’elle sortait de chez elle pour rejoindre le tribunal en début de matinée.  

Ses avocats ont ensuite indiqué qu’ils ne pouvaient s’exprimer sur la question en raison de la procédure en cours.

Selon un article publié jeudi par le Wall Street Journal, les avocats de Mme Meng ont discuté avec le département américain de la Justice d’un accord qui permettrait à la responsable chinoise de regagner son pays, à condition qu’elle reconnaisse certaines des accusations portées contre elle.

Le quotidien américain, qui cite des sources proches du dossier, précise que l’intéressée s’est jusqu’à présent refusée à un tel accord, estimant n’avoir rien à se reprocher.

Mme Meng fait l’objet d’une demande d’extradition des États-Unis, qui lui reprochent d’avoir menti quant aux liens de Huawei avec l’Iran, en violation de l’embargo américain contre ce pays.

Son arrestation a provoqué une crise diplomatique majeure entre la Chine et le Canada. Deux ressortissants canadiens, arrêtés en Chine peu après, sont toujours en détention dans ce pays sous l’accusation d’espionnage.

Un éventuel accord entre Huawei et les États-Unis pourrait également faciliter leur libération, selon le quotidien américain.

Les avocats de Mme Meng ont jusqu’à présent tenté de faire échouer la procédure d’extradition en arguant notamment que les droits de leur cliente avaient été violés lors de son arrestation à l’aéroport de Vancouver, le 1er décembre 2018, ce que le Canada dément.  

Ils accusent les autorités canadiennes de collusion avec le FBI pour obtenir des informations sensibles sur Mme Meng lors de son interrogatoire à l’aéroport.  

Lundi, les audiences ont repris avec la déposition d’un sergent de la police fédérale canadienne (GRC) qui était présent lors de l’arrestation à l’aéroport, où il servait de contact au FBI.

Ross Lundie a reconnu qu’il s’était senti « très mal à l’aise » de devoir aider la police fédérale américaine.

« Mon rôle n’est pas de donner des informations ou de travailler pour le compte du FBI », a-t-il déclaré lors de son interrogatoire lundi. « Je travaille pour la GRC ».

Les témoignages doivent se poursuivre toute la semaine.