La mort tragique de Joyce Echaquan au Centre hospitalier de Lanaudière a mis au jour le fossé entre Blancs et Atikamekw qui cohabitent à Joliette. Est-ce que le racisme y est plus présent qu’ailleurs ? Nous avons posé la question à des Atikamekw, à des observateurs et à des Joliettains.

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

Il se passe « quelque chose de pas correct »

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Ce qui se vit à Joliette, selon bien des observateurs interrogés par La Presse, ressemble beaucoup à ce que l’on observe dans les centres urbains du Québec en interaction avec des autochtones.

Combien y a-t-il d’autochtones à Joliette ? Quand nous lui avons parlé, au lendemain de la mort de Joyce Echaquan, le maire, Alain Beaudry, ne le savait pas. « Je ne pourrais pas vous dire le nombre exact de personnes autochtones qu’il y a sur notre territoire. Ça serait peut-être bon de s’adresser au Centre d’amitié autochtone », nous a-t-il dit.

Cet aveu d’ignorance peut être vu comme le reflet du fossé qui sépare la majorité blanche de Joliette de sa minorité atikamekw. Depuis, le maire Beaudry a appris que ce nombre tourne autour de 900.

Mais est-ce que les évènements survenus au Centre hospitalier de Lanaudière (CHDL) font de Joliette une ville particulièrement raciste, qui se distingue au Québec par les comportements de ses institutions ou de ses citoyens à l’égard des Premières Nations ?

Rien ne permet de l’affirmer. Ce qui se vit dans ce chef-lieu de la région de Lanaudière, selon bien des observateurs interrogés par La Presse, ressemble beaucoup à ce que l’on observe dans les centres urbains du Québec en interaction avec des autochtones. Quoique ces tensions puissent prendre des formes différentes en raison de facteurs historiques et géographiques propres à Joliette.

« Je ne pense pas que ce soit particulier à Joliette », dit Flavie Trudel, ex-candidate de Québec solidaire et ancienne professeure de sociologie au cégep de Joliette.

Comme dans d’autres villes, il y a des Atikamekw qui vivent à Joliette et des Atikamekw qui vivent en communauté dans ce qu’on appelait la réserve, à Manawan. Ça, ça se passe dans plusieurs villes. Le racisme va se retrouver où des autochtones vivent en communauté et en ville, proche.

Flavie Trudel, ancienne professeure de sociologie au cégep de Joliette

Mme Trudel ajoute que les Atikamekw sont « assez près des Québécois sur le plan culturel », qu’ils maîtrisent généralement bien le français et qu’ils se marient parfois avec des Québécois.

Sébastien Brodeur-Girard, professeur à l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et codirecteur de l’équipe de recherche de la commission Viens, estime, lui aussi, que ce n’est pas pire qu’ailleurs.

« Honnêtement, pour vivre en Abitibi et pour connaître la situation sur la Côte-Nord, ces histoires-là, on les entend partout. Le D[Stanley] Vollant a d’ailleurs témoigné devant la commission Viens pour dire qu’il en a vu et entendu, des histoires comme ça, à Baie-Comeau, à Sept-Îles et à Val-d’Or. »

Une prévalence « très élevée »

Le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish, et la directrice du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL), Jennifer Brazeau, font entendre un autre son de cloche.

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Le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière

« Il y a des incidents un peu partout, mais la prévalence est très élevée à Joliette, affirme le grand chef Awashish. Je ne peux pas dire pourquoi, mais juste en regardant les témoignages de la commission Viens et en écoutant beaucoup de mes membres qui migrent tranquillement ailleurs, parce qu’ils ont le sentiment de ne pas être respectés là-bas, il y a quelque chose qui est vraiment problématique, qui est unique à Joliette. »

Jennifer Brazeau, originaire de la communauté de Kitigan Zibi, en Outaouais, dirige le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière depuis juillet 2019. Elle dénonce le manque de collaboration avec le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) et le racisme dans la vie quotidienne, qu’on finit par banaliser.

On n’a aucune ligne de communication étroite avec le CISSS. C’était un enjeu bien avant ce qui est arrivé à Joyce. Et depuis ce temps-là, on n’a pas eu plus de communications. Je suis devenue désensibilisée au racisme juste en travaillant ici.

Jennifer Brazeau, directrice du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière

De son côté, le maire de Joliette, Alain Beaudry, constate qu’il se passe « quelque chose de pas correct » dans sa ville depuis la mort de Joyce Echaquan. « Nous, ce qu’on veut, c’est aider à l’intégration de ces gens-là, assure-t-il en parlant des Atikamekw de Manawan. Il faut nous dire quel est le problème. »

Une situation particulière

Mais s’il y a des tensions et un mauvais traitement dans la plupart des villes où cohabitent des Blancs et des autochtones, il y a peut-être des particularités propres à Joliette, liées à son histoire et à sa situation géographique.

La plupart des villes où les deux communautés sont en contact sont des villes du Nord, où la population autochtone est très présente. Dans la majorité des cas, les villes sont proches des territoires autochtones traditionnels. C’est le cas, notamment, de Sept-Îles, de Mont-Laurier, des centres urbains abitibiens. Dans ces villes, les Blancs et les autochtones se côtoient depuis longtemps.

Il y a deux exceptions : les Hurons-Wendats de Wendake, en banlieue de Québec, et les Mohawks, en banlieue de Montréal. Mais dans les deux cas, la coexistence remonte à plus de trois siècles.

Joliette, par contre, est une ville du Sud, semi-industrielle, entourée d’une vaste zone agricole, très loin des communautés autochtones, qui a eu très peu de contacts historiques avec les Premières Nations avant qu’un chemin forestier relie le village de Manawan à Saint-Michel-des-Saints, en 1973.

En plus, les liens entre Manawan et Joliette ne tiennent pas à un partage d’intérêts communs, mais au découpage administratif du territoire qui a voulu que Manawan se trouve dans Lanaudière. Il n’y a pas de synergie naturelle entre la réserve et la ville, pas de liens économiques forts.

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Jennifer Brazeau, directrice du Centre d’amitié autochtone de Lanaudière

Souvent, le monde vient ici pour avoir une meilleure vie. Les gens viennent ici pour aller chercher un job, améliorer leurs conditions. Puis, ils arrivent ici et ils ne peuvent pas trouver de job.

Jennifer Brazeau, directrice du CAAL

La route est longue et difficile entre Manawan et Joliette. Il faut compter 2 h 30 min pour franchir 179 kilomètres, dont une bonne partie en route de gravier.

Ces facteurs font en sorte que la population blanche et la population atikamekw ont tissé peu de liens et que les autochtones peuvent être perçus comme venant d’ailleurs.

Mais le drame de Joyce Echaquan, qui est morte à l’hôpital après avoir essuyé des insultes racistes de deux soignantes, va peut-être marquer le début d’un changement. « C’est certain que ça réveille des choses chez tout le monde dans le coin, dit le maire Beaudry. On ne pouvait pas penser que des choses semblables allaient arriver en 2020. »

À la dernière séance du conseil municipal, à la mi-octobre, Joliette s’est engagée à prendre acte du rapport de la commission Viens, déposé il y a un an, et à analyser les recommandations qui touchent au monde municipal. « On veut voir ce qu’il y a pour nous là-dedans », ajoute M. Beaudry, qui promet de lire le document de plus de 500 pages. « Pour être bien honnête, moi, je ne l’avais pas lu », dit-il.

« Je m’étais habituée à n’être rien pour eux autres »

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La vie peut être difficile pour les autochtones aux prises avec un environnement urbain où ils sont minoritaires et victimes de ce qu’on appelle maintenant le racisme systémique.

Le drame de Joyce Echaquan aura-t-il des effets positifs ? Permet-il d’espérer que les choses vont s’améliorer ?

Jolianne Ottawa, qui a témoigné à la commission Viens, veut le croire. « Je suis allée à un rendez-vous à l’hôpital pas longtemps après la mort de Joyce et c’était fou, c’est le jour et la nuit, dit cette infirmière de Manawan, âgée de 41 ans. Les secrétaires, c’était : bonjour Mme Ottawa ! Comment ça va ? On ne m’avait jamais parlé comme ça. Jamais. »

Elle ajoute : « Je m’étais habituée, je pense, à n’être rien pour eux autres, à être juste une tâche, à être dérangeante. Je vivais avec ça, je m’étais juste adaptée. J’étais un peu sous le choc, tout d’un coup, d’être considérée comme une personne qui a le droit d’être saluée et de me faire souhaiter une belle journée. Ça, ça a été spécial. »

Mais si les choses ont commencé à changer, ce témoignage révèle aussi à quel point la vie peut être difficile pour les autochtones aux prises avec un environnement urbain où ils sont minoritaires et victimes de ce qu’on appelle maintenant le racisme systémique.

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Martine Dubé, intervenante de proximité au Centre d’amitié autochtone de Lanaudière

« Moi, j’ai très peur », raconte de son côté Martine Dubé, 51 ans, intervenante de proximité au Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL), qui a failli avoir une attaque de panique en se rendant récemment au travail.

« Je me disais, ben voyons, ça ne peut pas que ça change radicalement de même, que les gens deviennent gentils tout à coup. J’étais dans tous mes états. Est-ce que je vais faire confiance à ces personnes-là aujourd’hui qui, hier, étaient racistes ? Est-ce qu’elles sont authentiques ? Est-ce que c’est juste une façade ? J’ai de la difficulté à croire que ça puisse changer du jour au lendemain. »

La Presse a rencontré plusieurs autochtones au CAAL, qui ont décrit ce que cela signifiait pour eux de vivre à Joliette, leurs difficultés dans la vie quotidienne, que ce soit dans leurs rapports avec les Blancs, les soins de santé, le travail, les études ou le logement.

« On se faisait traiter de kawish »

Anika Flamand, 38 ans, a cinq enfants. Elle est venue à Joliette en 2009 pour inscrire son deuxième fils, atteint de trisomie 21, dans une école spécialisée. Le choc a été grand pour son aîné, aujourd’hui âgé de 20 ans.

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Anika Flamand

Parce qu’il était autochtone, il se faisait appeler kawish, sauvage, et dire retourne chez vous, des affaires comme ça. Il se faisait bousculer dans les escaliers. Ça date de cinq ans, c’était à l’école secondaire Barthélemy-Joliette.

Anika Flamand

Dans la classe de maternelle de son troisième fils, deux autres enfants venaient de Manawan. « On leur disait de ne pas parler atikamekw ensemble, confie-t-elle. C’est plate parce qu’il a perdu la langue. On était en 2011 et c’était encore comme ça. Nos grands-parents l’ont vécu, ma mère l’a vécu et mon fils l’a vécu, dit-elle. C’est plate un petit peu. »

Martine Dubé, 51 ans, l’a aussi vécu. Elle a quitté Manawan à 13 ans pour aller à l’école secondaire à Joliette. « On nous plaçait dans des familles non autochtones, raconte-t-elle. On nous interdisait de parler notre langue pendant qu’on soupait. Après, ils barraient le garde-manger. Ils disaient de ne plus venir fouiller dans le frigidaire, ne nous laissaient pas regarder la télévision, ils nous envoyaient dans notre chambre en haut. »

C’est quand elle est arrivée à Joliette que Mme Dubé a compris le sens du mot racisme.

« Tu sais, les mots kawish, sauvage, squaw, tout ça, je ne connaissais pas, dit-elle. Je ne les avais jamais entendus. Pendant un an, partout où on allait, dans les autobus scolaires, les restaurants, les magasins, on se faisait traiter de sauvage, de squaw, ou bien on se faisait surveiller parce qu’on est autochtone. »

Daniel Niquay, 58 ans, se souvient d’un cours d’histoire au secondaire. Il était question des Têtes-de-boule, nom aussi donné autrefois aux Atikamekw. « Le prof disait que les Têtes-de-boule avaient mangé le missionnaire. Les élèves me regardaient et me disaient : c’était-tu bon ? Je leur ai dit non, c’est pour ça qu’on a de la diarrhée et qu’on est malades encore. »

« Tous dans le même bateau »

Se loger est aussi un enjeu. Depuis qu’elle est à Joliette, Anika Flamand loue toujours du même propriétaire qui possède plusieurs logements. « J’ai essayé de louer d’autres appartements, mais je n’ai pas eu de retour d’appels. Aussitôt que je disais Flamand, on me disait que c’était déjà loué », dit-elle.

« Ils pensent que les autochtones sont tous pareils. Oui, dans le temps. Il y avait des autochtones qui restaient ici, qui buvaient ou ne payaient pas leur loyer, mais ce n’est pas tout le monde qui est comme ça. Moi, je paye mon loyer à chaque premier du mois, je ne l’ai jamais manqué. Tu sais, c’est plate qu’on nous mette tous dans le même bateau. »

Daniel Niquay a demandé un jour à un propriétaire pourquoi il refusait de louer à des autochtones. « Il disait, vous autres, ce que vous faites, je vous loue et à un moment donné, vous décidez de partir. Vous partez comme ça, sans respecter le bail, vous retournez dans la réserve et, moi, je n’ai pas le droit de vous poursuivre à la réserve. Je suis perdant.

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Daniel Niquay vit à Joliette depuis trois ans.

« C’est vrai que ça se faisait comme ça, ajoute-t-il. On est un petit peu en défaut dans la façon, des fois, qu’on se comporte. Ça prend quand même une éducation et c’est ça, un des rôles du CAAL, éduquer un peu les gens qui viennent habiter ici et dire voici comment ça marche quand on reste en ville. Il y a des règles. Quand tu signes un bail, il faut le respecter, des choses comme ça. »

« Un Noir, un Chinois, un Blanc, un picoté »

À Joliette depuis bientôt trois ans, M. Niquay suit des traitements de dialyse à l’hôpital trois fois par semaine.

« On sort de Manawan parce qu’on n’a pas le choix, précise-t-il. Des fois, il n’y a pas de job, pas de logement. On va en ville pour aller chercher les services dont on a besoin. Moi, après ma greffe, je retourne à Manawan. Je suis sur la liste, mais ça va dépendre de la disponibilité. »

Au début de son traitement, M. Niquay a porté plainte contre une infirmière de l’hôpital qu’il estimait raciste.

« Elle a été rencontrée, dit-il. Il n’y a pas eu grand-chose. Moi, ils m’ont dit : qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? Moi, j’ai dit : qu’elle ne s’approche pas de moi. Des fois, c’est elle qui m’intubait. J’avais peur qu’elle mette quelque chose dans ça. »

M. Niquay lui avait quelques fois demandé de changer l’heure de son rendez-vous pour l’aider, mais c’était toujours non. « J’ai dit pourquoi tu ne veux pas, c’est parce que je suis un autochtone, tu es raciste ? Elle a grimpé dans les airs. Elle me disait : moi, je traite n’importe qui sur un pied d’égalité : un Noir, un Chinois, un Blanc, un picoté, au lieu de dire un autochtone. En tout cas, moi, j’ai pensé que picoté, c’était péjoratif. »

Pour ne pas oublier

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La communauté atikamekw propose aujourd’hui d’adopter le principe de Joyce pour garantir des droits en matière de soin à tous les autochtones.

Pour garantir aux autochtones le droit d’avoir accès sans aucune discrimination à tous les services de santé et de services sociaux, la communauté atikamekw va déposer le 9 novembre le « principe de Joyce » à l’Assemblée nationale.

Un principe inspiré du principe de Jordan, nommé en honneur d’un jeune Cri manitobain, Jordan River Anderson, atteint d’une maladie rare, qui est mort à l’hôpital à l’âge de 5 ans, en 2005, sans pouvoir retourner à la maison parce que les gouvernements ne s’entendaient pas quant au fait de savoir qui devrait payer les soins à domicile.

Dans sa première mouture, le principe de Jordan, adopté à l’unanimité en 2007 par la Chambre des communes, stipulait qu’un enfant des Premières Nations ne pouvait être privé d’un accès aux services publics en raison d’un conflit de compétence, et que les services devaient être payés par l’organisme public avec lequel avait eu lieu le premier contact, quitte à régler les problèmes de partage de compétence par la suite.

C’est le principe de l’enfant d’abord. Par la suite, les tribunaux fédéraux et le Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP) ont élargi cette définition pour affirmer que ces enfants ont droit à des services similaires à ceux que dispensent les provinces.

Selon la définition qu’en donne Services aux Autochtones Canada (SAC), « le principe de Jordan vise à permettre à tous les enfants des Premières Nations vivant au Canada d’avoir accès aux produits, aux services et au soutien nécessaires au moment opportun. Le financement permet de combler toutes sortes de besoins en matière de santé, de services sociaux et d’éducation ».

En mai 2017, le TCDP a ordonné que les besoins de chaque enfant soient pris en considération afin de s’assurer que les éléments suivants soient pris en compte en vertu du principe de Jordan : une égalité réelle, des services adaptés à la culture, la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant. Cela signifie également, selon SAC, « d’accorder une aide supplémentaire lorsque nécessaire afin que les enfants des Premières Nations aient une chance égale de s’épanouir ».

La communauté atikamekw propose aujourd’hui d’adopter le principe de Joyce pour garantir ces droits à tous les autochtones.

La voix de Joyce

« C’est quelque chose qu’on veut léguer pour ne pas oublier ce qui s’est passé, pour ne pas oublier la voix de Joyce, explique le grand chef de la nation atikamekw, Constant Awashish. Nos communautés sont très bouleversées. C’est notre devoir de continuer le travail amorcé par Joyce. »

Le grand chef rappelle que le lien de confiance entre les Atikamekw et le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de Lanaudière, dirigé par Daniel Castonguay, est rompu.

Pour les membres de sa communauté et lui, M. Castonguay a perdu toute crédibilité en déclarant qu’il n’était pas au courant des nombreuses plaintes formulées par des Atikamekw à l’endroit de l’hôpital de Joliette.

« Pourquoi une personne qui dirige cette organisation ne serait pas au courant de ce qui s’est dit à la commission Viens ? demande-t-il. Il y a eu des témoignages, tout un chapitre sur les institutions qui supervisent. Qu’il ne soit pas au courant, ça tient un peu de l’impossible. Mais, en plus, c’était médiatisé, sur le web. Donc, normalement, s’il y avait des témoignages sur l’organisation que je représente, je pense que ça serait la moindre des choses de le savoir. »

En conférence de presse, le 29 octobre, le premier ministre du Québec, François Legault, a fait part de son agacement au sujet des explications du PDG du CISSS, qui a fait porter le blâme sur une ancienne employée, qui s’est défendue en affirmant que cela était faux. « Ça m’achale d’entendre une réponse comme ça », a-t-il dit.