(Québec) Quelques centaines de personnes se sont rassemblées mardi soir devant le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) pour rendre un dernier hommage à François Duchesne, assassiné samedi dans l’attaque à l’arme blanche du Vieux-Québec.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Emmitouflées et masquées, les personnes présentes se sont rappelé dans une cérémonie digne la mémoire de cet homme de culture, « d’un optimisme inébranlable » et amoureux du Musée qui l’employait.

« Il était tellement fier de travailler au Musée. Il habitait tout près. Il voyait le Musée de sa fenêtre », a rappelé le directeur général du MNBAQ, Jean-Luc Murray.

S’il avait pu regarder mardi soir par sa fenêtre sur Grande Allée, l’homme de 56 ans aurait vu son lieu de travail illuminé de vert. C’était en son honneur, en signe d’espoir.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Renée, la mère de la victime, enlace un membre de sa famille endeuillée.

« On se sent perdus dans le noir. On n’a pas l’impression qu’on va trouver notre chemin sans lui », a ajouté M. Murray.

François Duchesne se promenait dans le Vieux-Québec samedi soir quand il a été tué sans raison, tout comme Suzanne Clermont, 61 ans. Un suspect de 24 ans a été arrêté.

L’annonce de sa mort a eu l’effet d’un choc pour la famille Duchesne, éparpillée aux quatre coins du pays, et même jusqu’à Paris.

« Nous venons d’une tradition familiale où on ne parle pas des émotions. Nos pères étaient capitaines, pilotes sur le fleuve Saint-Laurent, des forces tranquilles », a dit au micro son cousin Michel.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a rendu hommage aux victimes des attaques.

« Par ce silence légué de génération en génération, je n’ai pas su dire à quel point François a changé le cours de ma vie. »

La ministre de la Culture du Québec a croisé François Duchesne pour la dernière fois l’été dernier. « Je ne savais pas que ce serait la dernière fois. C’était pour annoncer que la grande exposition internationale de Picasso s’en venait. François était emballé, heureux, content », a dit Nathalie Roy.

« C’est le souvenir que j’ai de cet homme, cette générosité, cette bonté. On dit parfois que des gens rayonnent. M. Duchesne était une de ces personnes. »

Son grand frère Claude a invité le public à faire une chose toute simple. « François aimerait que vous appeliez vos amis, votre famille, pour leur dire que vous les aimez. C’est ce qu’il aimerait. François, on t’aime, on pense à toi. »

Pour honorer cet « homme d’exception », le MNBAQ a décidé de renommer à son nom son programme d’art-thérapie pour les jeunes adultes qui souffrent de problèmes de santé mentale. « Pour que la culture rende le monde meilleur », a dit le directeur du Musée.

La veillée au flambeau de lundi à la mémoire de Suzanne Clermont et celle de mardi à la mémoire de François Duchesne n’étaient pas la seule manière de leur rendre hommage. Le gouvernement du Québec a en effet créé mardi un registre national des condoléances.

Les Québécois qui le désirent sont invités à écrire un message, sur un site internet (Quebec.ca/condoleances). Les messages seront transmis aux familles et aux proches des deux victimes de la tuerie.