Un enseignant de l’école secondaire Henri-Bourassa, que fréquentent de nombreux jeunes de la communauté noire de Montréal-Nord, a été filmé à son insu dans un cours à distance alors qu’il prononçait un vibrant plaidoyer pour le droit d’évoquer des termes, des œuvres ou des évènements historiques qui peuvent être jugés offensants par certains.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Citant notamment le monologue d’Yvon Deschamps Nigger Black, l’enseignant explique dans son cours que le président de la Ligue des Noirs de l’époque, « ce cave-là », a « voulu porter plainte » et « condamner le monologue ».

« Je suis à l’aise avec ce que je fais et je sais que les mots que j’utilise en classe n’ont aucunement l’intention de blesser qui que ce soit », dit-il avant d’évoquer les Juifs. « Est-ce qu’on devrait s’empêcher de parler des camps de concentration parce que c’est blessant et que ça a été dur pour eux ? Au contraire, il faut en parler. »

L’enseignant souligne aussi qu’il utilise depuis 25 ans le terme « Sauvage » dans ses cours d’histoire.

Le cours à distance n’est pas montré dans son intégralité, mais par segments. Il n’est pas possible de savoir à quel moment il a été donné.

Ce qui est sûr, c’est que le cours n’a pas fait l’unanimité. Une partie a été enregistrée et la vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux. Au moins une internaute a incité ses abonnés à déposer une plainte auprès de l’école et a donné l’adresse courriel de son directeur. Une pétition vient aussi d’être lancée sur l’internet.

Une situation prise au sérieux

Par courriel, MValérie Biron, directrice des services corporatifs, des communications et du secrétariat général au Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI), a fait savoir que « la direction de l’École Henri-Bourassa et le CSSPI sont bien au fait du dossier ».

« Nous prenons la situation au sérieux et des actions ont été entreprises afin de faire la lumière sur ces évènements, qui surviennent dans un contexte particulièrement délicat. »

MBiron ajoute que le dossier relève actuellement des ressources humaines et qu’il est confidentiel.

Elle précise néanmoins que « l’inclusion, l’équité et la bienveillance sont au cœur de la mission éducative du CSSPI et [qu’]aucune forme de discrimination ne saurait être tolérée dans [ses] établissements ».

Cette controverse survient alors qu’une professeure de l’Université d’Ottawa est au cœur d’une tempête pour avoir utilisé le mot « nègre » en anglais, dans un contexte théorique.