En quelques dates, voici un rappel des principaux moments de la crise d’Octobre

André Duchesne André Duchesne
La Presse

5 octobre

À 8 h 20, enlèvement du délégué commercial britannique James Richard Cross par des membres de la cellule Libération à sa résidence du 1297, croissant Redpath, à Montréal.

7 octobre

Première lecture du manifeste du FLQ, sur les ondes de la station de radio CKAC, par l’animateur et journaliste Louis Fournier.

8 octobre

À 22 h 30, lecture du manifeste du FLQ par Gaétan Montreuil à la télévision de Radio-Canada.

IMAGE FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Gaétan Montreuil lit le manifeste du FLQ à la télévision de Radio-Canada.

10 octobre

À 18 h 18, le vice-premier ministre, ministre du Travail et de l’Immigration du Québec Pierre Laporte est enlevé par des membres de la cellule Chénier du FLQ à son domicile du 725, rue Robitaille, à Saint-Lambert.

PHOTO PIERRE MCCANN, ARCHIVES LA PRESSE

Pierre Laporte, en avril 1970

11 octobre

Le premier ministre du Québec Robert Bourassa annonce son intention de négocier avec les ravisseurs des deux otages, mais il pose comme condition préalable une demande de garantie de leur survie. Il nomme MRobert Demers pour représenter le gouvernement. MRobert Lemieux représente le FLQ.

PHOTO ANTOINE DÉSILETS, ARCHIVES LA PRESSE

Me Robert Demers en mars 1973

12 octobre

En soirée, début du déploiement de plusieurs centaines de militaires dans la région d’Ottawa pour la protection des députés, diplomates et bâtiments fédéraux. C’est l’opération Ginger.

14 octobre

Seize personnalités québécoises (René Lévesque, Claude Ryan, Jacques Parizeau, Louis Laberge, etc.) lancent un appel à la négociation permettant un échange des deux otages contre des prisonniers dits politiques identifiés par le FLQ.

15 octobre

PHOTO PAUL-HENRI TALBOT, ARCHIVES LA PRESSE

Des soldats de l’armée canadienne montent la garde dans les rues de Montréal, en décembre 1970.

Robert Bourassa demande l’intervention de l’armée canadienne pour prêter assistance à la police et notamment assurer la sécurité des édifices publics et consulats. C’est le début de l’opération Essay mobilisant 12 000 militaires au Québec, dont 8000 à Montréal.

À 15 h 07, reprise des travaux à l’Assemblée nationale en vue de l’adoption de trois lois forçant les médecins spécialistes à mettre fin à leur grève et à mettre en vigueur la Loi de l’assurance-maladie à compter du 1er novembre.

Émissaire du gouvernement fédéral, Marc Lalonde passe à Québec et à Montréal pour faire signer les lettres de Robert Bourassa et Jean Drapeau réclamant l’octroi du pouvoir d’urgence d’arrêter et de détenir sans mandat des individus soupçonnés de vouloir renverser le gouvernement par la violence et des moyens illégaux.

En soirée, rassemblement de 3000 personnes en appui au FLQ au Centre Paul-Sauvé.

À 21 h, le gouvernement de Robert Bourassa diffuse un communiqué donnant son « point de vue définitif » au FLQ et réclame une réponse dans les six heures suivantes.

16 octobre

À 0 h 52, l’Assemblée nationale met fin à ses travaux. Les projets de loi relatifs à la grève des médecins et à l’assurance-maladie ont été adoptés. Les travaux sont ajournés jusqu’au 10 novembre, à 15 h.

À 4 h, la Loi sur les mesures de guerre entre en vigueur. Plus de 300 personnes sont arrêtées dans les heures qui suivent. Au total, la police fera 497 arrestations.

17 octobre

En toute fin de soirée, le corps de Pierre Laporte est retrouvé dans le coffre d’une voiture dans un stationnement de l’aéroport de Saint-Hubert à la suite d’une information reçue par le journaliste Mychel St-Louis, de CKAC. Robert Nadon, photographe de La Presse, est sur les lieux et prend plusieurs photos qui passeront à l’histoire. Dans un communiqué indiquant l’emplacement du véhicule, le FLQ revendique l’exécution du ministre qui avait 49 ans.

PHOTO ROBERT NADON, ARCHIVES LA PRESSE

Le corps de Pierre Laporte est retrouvé dans le coffre d’une voiture.

20 octobre

Funérailles de Pierre Laporte à l’église Notre-Dame de Montréal sous très haute surveillance.

25 octobre

Élections municipales à Montréal. Balayage complet du Parti civique de Jean Drapeau, dont tous les candidats sont élus aux 52 sièges de conseiller. Associé aux FLQ par le maire Drapeau et le ministre fédéral Jean Marchand, le Front d’action politique (FRAP), principal parti de l’opposition, récolte environ 18 % du vote.

6 novembre

Bernard Lortie, membre de la cellule Chénier qui a enlevé Pierre Laporte, est arrêté dans un logement du chemin Queen-Mary à Montréal. Cachés dans un réduit, les frères Paul et Jacques Rose ainsi que Francis Simard réussissent à s’enfuir.

3 décembre

Sous surveillance policière depuis au moins deux semaines, un logement du 10 945, rue des Récollets à Montréal-Nord est cerné. Les ravisseurs de James Richard Cross négocient avec la police. Leur otage sera libéré en échange de sauf-conduits vers Cuba.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Un cortège de voitures transportant James Richard Cross et ses ravisseurs est escorté par la police, à Montréal, alors qu’il se dirige vers le site d’Expo 67, où l’otage sera libéré, le 3 décembre 1970.

28 décembre

Paul Rose, Jacques Rose et Francis Simard sont arrêtés dans une maison de campagne de Saint-Luc-sur-Richelieu où ils se terraient.