(Québec) La décision de la Ville de Québec de ne plus annoncer sur les ondes de Radio X est « définitive », a martelé mardi Régis Labeaume, selon qui le lien de confiance avec les propriétaires de la station est brisé à jamais.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Si vous me demandez si on va investir encore chez eux, la réponse, c’est non », a lâché le maire de Québec en conférence de presse.

« Parce que ce qui compte, c’est l’intention. Cette organisation-là était d’accord avec ce qui était devenu le produit et là, on joue sur la santé, croit M. Labeaume. Ça veut dire qu’ils pourraient faire autre chose sur une autre thématique plus tard. »

Le maire est revenu sur les événements de lundi, quand plusieurs partenaires de Radio X ont rompu leurs liens d’affaires avec la station en citant le discours qu’on y entend sur la pandémie.

Le maire avait décidé samedi que c’était la chose à faire. La décision a été prise dimanche, puis communiquée tôt lundi matin. Plusieurs importants annonceurs – Hydro-Québec, Desjardins, Industrielle Alliance et d’autres – ont emboîté le pas.

Mais cette décision de la Ville ne changera pas avec la fin de la pandémie, à tout le moins tant que M. Labeaume sera en poste.

« Nous, on ne sera plus là. On ne mettra plus d’argent dans cette organisation-là. Parce que l’intention des propriétaires, on la connaît. On sait jusqu’où ils sont prêts à aller pour faire de l’argent, a-t-il dit. C’est pour ça qu’on ne mettra plus d’argent. Ne pensez pas que dans six mois, ça va changer. On n’a pas confiance en ces propriétaires-là. »

Le propriétaire de Radio X a rejeté lundi les accusations de complotisme. « Les appels au boycott ne sont basés sur aucune déclaration formulée en ondes par ses animateurs », a fait valoir Robert Ranger, président et chef de la direction de RNC Média.

L’animateur Jean-François Fillion a affirmé en ondes que la décision de la Ville de Québec relevait d’un choix politique. « On a un maire qui profite de la situation pour régler ses comptes », a dit M. Fillion. La station est notamment en guerre ouverte contre le projet de tramway, cher au maire Labeaume.

Des menaces transmises à la police

Dans les heures qui ont suivi la décision de la Ville de Québec, le compte Facebook de Régis Labeaume a été pris d’assaut. Quelque 3800 messages ont été écrits sous une publication en lien avec Radio X.

Le maire a aussi reçu lundi des messages privés qu’il a interprétés comme des menaces. Il a fait une plainte au Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), qui examine s’il y aura des suites.

« Des insultes d’auditeurs de CHOI, c’est business as usual, j’en ai à longueur d’année, dit-il. Des insultes de ces gens-là, on en a tous à longueur d’année quand on travaille dans le public. […] Les insultes, on est habitués, les menaces, ça, c’est moins drôle. »

Le maire a précisé que l’auteur des messages litigieux ne le menaçait pas de mort directement, « mais il souhaitait que je sois mort ».

« C’est une petite nuance […] On s’en passerait », a ajouté le maire.

Radio X a décidé mardi de diffuser un message pour inviter ses auditeurs à « ne jamais verser dans les messages haineux sur les réseaux sociaux ».