Alors que les signalements à la DPJ sont à la hausse d’année en année depuis 13 ans, ils ont chuté de 20,5 % en avril, mai et juin au Québec. Ce qui pourrait donc sembler une bonne nouvelle porte plutôt à croire que bon nombre d’enfants vulnérables ont bel et bien passé sous le radar comme plusieurs le redoutaient en début de pandémie.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Comme l’a fait remarquer en conférence de presse mercredi Sonia Mailloux, de la DPJ de Laval, « les signalements proviennent en bonne partie des écoles et des organismes communautaires », qui, étant fermés ou ayant des activités limitées, n’ont pas pu autant qu’à l’habitude alerter les autorités de situations familiales dangereuses.

Déjà, avec la rentrée scolaire et la reprise de bon nombre d’activités, les signalements sont d’ailleurs repartis à la hausse.

C’est bien des signalements en augmentation qui sont la norme habituelle des 13 dernières années. Pour 2019-2020 (avant la COVID-19), les données provinciales font état d’une hausse de 12 % par rapport à l’année précédente.

Au total, en 2019-2020, 118 316 signalements ont été faits, soit une moyenne de 324 situations d’enfants par jour. Et cela, c’est 35 situations de plus par jour comparativement à 2018-2019.

Dans l’ensemble du Québec, 64,71 % des enfants pris en charge pendant l’année sont restés dans leur maison ou ont été confiés à leurs proches.

Du côté des adolescents, 9041 ont reçu des services de la DPJ, une baisse de 8,5 % par rapport à l’année précédente.

Quel impact ont eu les drames familiaux très publicisés et la commission Laurent qui, pendant des mois, ont mis en lumière certaines failles à corriger à la DPJ ? À cela, Sonia Mailloux a répondu que tout cela avait amené « une réflexion sur les meilleures pratiques ».

Par ailleurs, à titre d’exemple de nouvelles situations auxquelles la DPJ a été exposée depuis le début de la pandémie, Assunta Gallo, directrice de la protection de la jeunesse au Centre-Sud de l’Île-de-Montréal, a évoqué cette femme atteinte de la COVID-19 qui a dû être transportée à l’hôpital en pleine nuit en ambulance. Comme elle était mère et qu’elle n’avait pas de proches, ses deux enfants ont dû être confiés d’urgence à la DPJ.

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) a réagi aux statistiques dévoilées mercredi en disant qu’à son avis, « plusieurs drames pourraient être évités en accordant davantage de ressources en prévention ».

« Un réinvestissement massif en première ligne est nécessaire afin de mieux soutenir les familles du Québec. Il faut également maintenir un filet social fort en permettant à la protection de la jeunesse, au réseau scolaire, aux services de garde éducatifs à l’enfance et aux organismes communautaires de travailler en partenariat. »

Par voie de communiqué, Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux estime que le bilan annuel de la DPJ nous rappelle « que la responsabilité de la protection des enfants est avant tout collective, et que chacun a le devoir de contribuer à cet effort pour assurer à chaque enfant la possibilité d’évoluer dans un environnement sain, propice à sa sécurité et à son développement ».