En cage devant le parlement depuis près d’une semaine, le militant pour les droits des personnes handicapées Jonathan Marchand plie finalement bagage. L’homme de 43 ans a conclu une entente avec Québec pour mettre en place un comité de travail afin d’assurer une plus grande autonomie aux personnes qui, comme lui, sont forcées de vivre en CHSLD en raison de leur état de santé.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

M. Marchand est atteint de dystrophie musculaire. Il travaille depuis quelques années sur la création d’un projet de programme d’assistance personnelle qui permettrait aux personnes handicapées qui le souhaitent de quitter leur CHSLD, où elles sont souvent forcées de vivre afin de recevoir des soins, pour retourner à la maison, travailler et contribuer à la société.

Après quelques jours installé devant l’Assemblée nationale dans une cage, afin de manifester contre le fait que certaines personnes sont forcées de vivre contre leur gré en établissement en raison de leur handicap, Jonathan Marchand a obtenu de bonnes nouvelles, lundi.

La députée de Soulanges, Marilyne Picard, a confirmé qu’elle avait eu le mandat de mettre en place un groupe de travail, formé « de sous-ministres et de personnes influentes dans le milieu des personnes en situation de handicap », afin de faire avancer le projet de Jonathan Marchand.

Une première rencontre de ce nouveau comité doit avoir lieu le 24 août afin de définir son mandat. Dans une lettre transmise à M. Marchand, que La Presse a obtenue, Mme Picard écrit qu’un rapport sera remis au plus tard au gouvernement en décembre.

« On a eu des gains. Le gouvernement a écouté », a déclaré Jonathan Marchand lundi à Radio-Canada.

Un long combat

Après une grave pneumonie en 2010, Jonathan Marchand s’est retrouvé aux soins intensifs, où il a été placé sur un respirateur artificiel. Il n’a depuis jamais cessé d’être aidé mécaniquement pour respirer.

« Ce qu’on a en ce moment, c’est le soutien à domicile. C’est destructif, ce n’est pas fait pour la participation sociale, travailler et gagner sa vie. L’assistance personnelle permet ça. Tu peux avoir un projet de vie comme tout le monde et contribuer à la société » avec une personne payée convenablement pour vous accompagner dans la vie à domicile, avait expliqué M. Marchand à La Presse plus tôt cet été.

« Je fais partie des gens qui sont condamnés à vivre en institutions, et ça doit cesser. Les gens doivent avoir accès à tous les services dont ils ont besoin pour rester chez eux, en sécurité, avec leur famille. […] Notre système a un parti pris pour les solutions institutionnelles, et les orientations du gouvernement actuel vont dans ce sens, alors que tout l’argent va dans les CHSLD et les maisons des aînés », avait-il déploré au début de sa manifestation devant le parlement.