De plus en plus de campements temporaires sont installés par des personnes en situation d’itinérance près du square Dézéry, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Les sans-abri qui profitaient des refuges temporaires pendant la pandémie ne savent plus où se tourner depuis leur fermeture.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

En avril dernier, la Ville de Montréal a aménagé des refuges temporaires et des centres de jour extérieurs pour les personnes en situation d’itinérance. Or depuis, plusieurs refuges ont fermé leurs portes.

Des équipes de la Croix-Rouge continuent cependant de distribuer des denrées dans des centres de jour situés dans plusieurs parcs de la ville, souvent « du matin jusqu’en fin d’après-midi ». On en retrouve à la place du Canada, à la place Émilie-Gamelin, au square Cabot, au parc Jeanne-Mance et au square Dézéry, a expliqué par écrit Carole Du Sault, de la Croix-Rouge.

Depuis quelques jours, l’organisme Le Cap St-Barnabé, qui vient en aide aux plus démunis en travaillant notamment avec la Croix-Rouge au square Dézéry, remarque que de plus en plus de personnes en situation d’itinérance installent un campement temporaire non loin de la place publique.

« Il y a toujours eu plus ou moins de campements, mais avant on les voyait moins, explique Nina Bello, responsable des communications de l’organisme. Depuis que la Ville a commencé à fermer les refuges temporaires, beaucoup de gens se retrouvent avec rien. C’est pour ça qu’on en voit beaucoup plus dans la ville, qu’ils sont plus visibles. »

Du côté de la Ville, même si certains campements ont été bannis ailleurs à Montréal, pas question pour le moment de démanteler ce campement temporaire situé près de la rue Notre-Dame Est. « L’arrondissement travaille avec les partenaires sur le terrain, comme l’Anonyme, Cap St-Barnabé et Dopamine, pour s’assurer de la sécurité de tous sur les lieux », a indiqué par écrit Laurence Houde-Roy, du cabinet de la mairesse.

« Pas d’enjeu de sécurité », selon le SPVM

Même son de cloche du côté du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Pour l’instant, ce campement situé dans l’est de la ville est toléré, notamment parce qu’aucun citoyen n’a porté plainte pour des incivilités ou des méfaits en lien avec cet endroit. « Jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’enjeu de sécurité ou de cohabitation entre les différents usagers du secteur », a spécifié par écrit le chargé de communication du SPVM Louis-André Bertrand. « La situation est évaluée en continu pour remédier à celle-ci au besoin, en concertation avec les partenaires. »

On observe la même tolérance à la place des Fleurs-de-Macadam, un terrain privé appartenant à la Ville qui a été pris d’assaut par des militants écologistes. « C’est seulement si la Ville fait une plainte au corps de police que celui-ci pourrait alors se déplacer pour réclamer la fin de cette mobilisation citoyenne », a affirmé Louis-André Bertrand.

Par contre, depuis le 1er juin, les campements de personnes en situation d’itinérance ne sont plus tolérés au square Cabot, au parc Morgan et à la place Émilie-Gamelin. « Il s’agit d’une décision concertée de la Ville, de la Santé publique et du SPVM. Cette décision a été prise compte tenu des enjeux de sécurité et d’hygiène – comme le non-respect parfois de la distanciation physique – ainsi que de cohabitation entre les différents usagers », explique M. Bertrand.

En conclusion, le SPVM informe que « lorsque des personnes itinérantes ou vulnérables s’établissent temporairement dans des endroits publics, leur expulsion n’est pas systématique. Si les policiers du SPVM procèdent à une expulsion, ce sera dans le cadre d’une démarche concertée et menée en collaboration avec les partenaires du milieu », conclut l’agent de ce corps de police.