Un groupe d’extrême gauche a incendié la voiture d’un haut fonctionnaire du ministère de la Sécurité publique devant son domicile, à la mi-juillet, dans un nouvel attentat envers les forces de l’ordre.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Vince Parente, sous-ministre associé responsable de la région de Montréal, a été visé par des anarchistes qui lui reprochent sa carrière dans le réseau carcéral québécois. Ils lui imputent notamment la mort attribuable à la COVID-19 de Robert Langevin, un détenu de la prison de Bordeaux. Plusieurs anarchistes militent pour l’abolition pure et simple des prisons.

La Sûreté du Québec a confirmé qu’elle faisait enquête sur l’attaque, survenue dans une rue résidentielle de Sainte-Thérèse. « L’enquête est en cours, il n’y a aucun blessé », a dit Héloïse Cossette. Le dossier leur a été transmis par la police locale.

« Le ministère de la Sécurité publique confirme qu’un incident a eu lieu à l’endroit du véhicule de M. Parente », s’est limité à dire l’employeur de M. Parente, par courriel.

Une série d’attaques

L’incendie de la voiture de M. Parente est le dernier d’une longue série d’attaques contre l’appareil de sécurité publique dans la grande région de Montréal.

Il y a 10 jours, une dizaine de voitures du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont été incendiées dans l’est du Plateau Mont-Royal. Sept d’entre elles sont des pertes totales.

L’an dernier, plusieurs entreprises impliquées dans la construction d’un centre de détention pour le gouvernement fédéral à Laval ont été visées par des incendies criminels ou des méfaits. La voiture d’un architecte a été incendiée devant chez lui, dans l’ouest de Montréal.

Toutes ces attaques ont été revendiquées par des militants d’extrême gauche.

En 2018, des cocktails Molotov ont été retrouvés sous des véhicules de patrouille dans Hochelaga-Maisonneuve. Aucun dommage n’avait été causé aux véhicules.

« C’est aberrant »

Lundi, M. Parente n’a pas voulu parler à La Presse. « Je ne veux pas nuire à tout ce qui se passe dans ce dossier », a-t-il dit au téléphone avant de nous diriger vers son employeur.

Avant d’être sous-ministre associé, le haut fonctionnaire a été directeur des prisons Leclerc et de Saint-Jérôme dans les dernières années, selon son profil LinkedIn. Juste avant d’être nommé à son poste actuel en mai 2020, il chapeautait les centres de détention de la région de Montréal.

Le Syndicat des agents de la paix en service correctionnel du Québec (SAPSCQ-CSN) s’est souvent retrouvé autour d’une table de négociation avec M. Parente.

« Je trouve ça regrettable. Que ce soit un cadre ou que ce soit des agents, on fait notre travail dans le cadre du système judiciaire. On garde des personnes qui ont été condamnées par la Cour. C’est carrément aberrant que des gens posent des actes comme ça », a dit Mathieu Lavoie, président du syndicat.

L’attaque a été revendiquée sur le site Montréal Contre-Information, une plateforme anonyme derrière laquelle des militants anarchistes se cachent pour se vanter de leurs actes illégaux. La police a déjà tenté de comprendre qui était derrière cette plateforme, mais sans succès.