L’année 2020 s’annonce particulièrement sombre pour les noyades : samedi matin, la Société de sauvetage dénombrait 54 morts reliées à l’eau, contre 37 à pareille date l’an dernier. Un temps particulièrement chaud et ensoleillé, mais aussi les changements dans le mode de vie liés à la COVID-19 pourraient avoir contribué à cette augmentation.

Janie Gosselin Janie Gosselin
La Presse

« On a une température très propice à être près, sur ou dans l’eau, a expliqué le directeur général de la Société de sauvetage du Québec, Raynald Hawkins. Ce qu’on s’aperçoit aussi, c’est qu’avec la pandémie, les gens sont restés au Québec. »

Les données ont été colligées par l’organisme à partir des cas rapportés par les autorités aux médias, puisque les données officielles de coroner ne sont pas encore disponibles.

Il a noté que 85 % des victimes de noyade qui prenaient place dans une embarcation ne portaient pas la veste de flottaison. « Les gens n’en portent pas parce qu’ils n’ont pas l’intention de se retrouver par-dessus bord, a expliqué M.  Hawkins. Mais ce n’est pas parce que je suis dans un gros bolide que je ne porte pas de ceinture de sécurité. Un chavirement, ça arrive. Des collisions aussi, ça peut arriver. »

En cette période de pandémie, la vente de piscines et d’embarcations a explosé, alors que de nombreux Québécois passent leurs vacances dans la province. M.  Hawkins se questionnait sur ces nouveaux propriétaires, peut-être moins habitués ou moins conscients des risques.

Au printemps, les spécialistes de la prévention de la noyade avaient mis en garde contre une éventuelle augmentation des cas de noyades concernant des enfants en raison du télétravail des parents. La question continue de préoccuper M.  Hawkins. « On sait que 87 % des noyades de jeunes enfants se produisent sans supervision ou quand il y a une source de distraction, a-t-il illustré. Il faut nécessairement ajouter le télétravail comme source de distraction. »

Mais même chez les adultes, la baignade et la pratique de sports nautiques ne devraient pas se faire en solo, pour plus de prudence.

Beaucoup de noyades au Québec surviennent dans la troisième semaine de juillet. « C’est la première semaine des vacances dites de la construction, les gens se disent qu’ils peuvent se relâcher », a-t-il ajouté, notant que l’alcool peut être un facteur. Règle générale, c’est aussi une période de l’année plus propice aux activités aquatiques.