Un employé de Lafarge qui a suspendu un nœud coulant au poste de travail d’un collègue d’origine haïtienne a été mis à la porte mercredi par l'entreprise.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Allonde Junior Georges, conducteur pour l’entreprise de béton Lafarge, avait retrouvé la corde nouée à la façon d’un outil de pendaison à son poste de travail en fin de journée le 12 juin dernier dans le secteur de Saint-Laurent, à Montréal.

L’évènement rapporté par La Presse mercredi avait été vivement dénoncé par M. Georges. Il reprochait à son employeur d’avoir pris l’acte jugé haineux à la légère.

Mercredi matin, plus d’une semaine après la plainte de M. Georges, l’incident a fait l’objet d’une réunion en présence de ses patrons. Le collègue responsable lui a présenté ses excuses.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Le noeud coulant retrouvé par Allonde Junior Georges.

M. Georges s’est toutefois opposé au renvoi de son collègue et juge que le congédiement est « une façon de sauver la réputation de la compagnie. »

« Lafarge laisse la responsabilité à l’employé, mais c’est seulement quand mon histoire a été médiatisée qu’ils ont réagi à ma plainte. Avant ça, je n’avais eu aucune rencontre ou aucun suivi. C’est la banalisation du problème qui me dérange », explique-t-il.

L’homme de 31 ans ne regrette pas avoir dénoncé le geste. « Beaucoup de gens m’ont contacté pour me féliciter et me dire qu’au Québec en 2020, c’est tolérance zéro. Dans le milieu de la construction, il y a beaucoup de racisme et d’intimidation qui peuvent survenir entre collègues », admet-t-il.

Lafarge n’avait pas encore répondu aux demandes d’entrevues de La Presse jeudi matin.