(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau a promis de fournir une aide financière allant jusqu’à 600 $ à des Canadiens vivant avec un handicap afin de les aider à compenser leurs dépenses supplémentaires liées à la crise de la COVID-19, mais rien ne laisse croire que l’argent sera disponible de sitôt.

Stephanie Levitz
La Presse canadienne

La mesure annoncée le 5 juin était incluse dans un projet de loi qui n’a pas pu être adopté au cours du même mois puisque le gouvernement libéral n’a pas réussi à obtenir le consentement unanime de la chambre.

Et bien que la Chambre des communes doit siéger ce mercredi, aucun projet de loi ne devrait y être déposé.

Une porte-parole de la ministre de l’Inclusion des personnes handicapées, Carla Qualtrough, a déclaré que le gouvernement continue de travailler sur un moyen de déployer ce programme d’aide.

« Ce soutien financier est important et les Canadiens vivant avec un handicap peuvent avoir confiance en notre volonté de continuer à chercher une solution pour distribuer cette aide », écrit Marielle Hossack dans un courriel.

« Nous en profitons tous quand tout le monde peut participer équitablement à notre économie et à la société », ajoute-t-elle.

Les libéraux ont accusé principalement les conservateurs de retenir cette aide, plaidant que ce sont eux qui ont empêché l’adoption unanime du projet de loi déposé en juin.

À ce moment-là, le Parti conservateur faisait pression sur le gouvernement pour la reprise complète des activités parlementaires, mais il s’était aussi opposé à un plan pour adopter le projet de loi en une seule séance sans témoignages experts ni possibilité d’ajouter des amendements.

« La décision des conservateurs de mettre la politique avant l’aide à la population va avoir causé des souffrances supplémentaires aux Canadiens », avait déclaré le premier ministre Justin Trudeau à la mi-juin.

Mais le député conservateur Dan Albas a répliqué, mardi, que la décision des libéraux d’inclure cette mesure dans un projet de loi soulève des questions sur qui joue véritablement un jeu politique.

Il fait remarquer que ces fonds seront versés à des Canadiens qui bénéficient déjà d’un crédit d’impôt réservé aux personnes handicapées. Ce qui veut dire que le gouvernement détient déjà l’information nécessaire pour verser directement de l’aide à ces gens et qu’il n’a qu’à utiliser l’entente de partage d’information avec l’Agence du revenu du Canada.

Un projet de loi n’est pas nécessaire, plaide le député Albas, et au point où l’on en est les libéraux doivent être clairs sur l’approche qu’ils entendent prendre, a-t-il ajouté.

« Le paiement est important, mais c’est aussi important de savoir quand et comment il sera versé », poursuit le conservateur.

Ce programme vise à fournir une aide non récurrente d’un maximum de 600 $.

Les aînés qui reçoivent déjà une aide distincte obtiendraient 300 $ et les aînés qui bénéficient aussi du supplément de revenu garanti obtiendraient 100 $.

Dans le camp du NPD, le député Peter Julian a déploré, mardi, que le programme n’inclue pas toutes les personnes qui ont besoin de cet argent. Les néodémocrates veulent convaincre le gouvernement d’élargir l’admissibilité à toutes les personnes handicapées.