(Québec) Après avoir encaissé mardi la décision d’Air Canada de suspendre des liaisons chez eux, voilà que les élus de la Côte-Nord ont pu célébrer jeudi une étape de plus dans la réalisation de deux importants projets qui visent à désenclaver leur région.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« On aurait pu déboucher le champagne », lance au bout du fil le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny.

Québec va commander la mise à jour d’études d’opportunité pour la construction d’un pont sur le Saguenay entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine, ainsi que pour le prolongement de la route 138. Le ministre des Transports, François Bonnardel, a fait ces deux annonces jeudi à Baie-Comeau et à Sept-Îles.

Commander ces études ne signifie pas que les deux projets iront nécessairement de l’avant. Mais c’est un pas dans la bonne direction, selon le maire de Baie-Comeau.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Yves Montigny, maire de Baie-Comeau

C’est une annonce qu’on attend depuis longtemps. Ce sont deux dossiers connexes que les élus de la Côte-Nord portent ensemble.

Yves Montigny, maire de Baie-Comeau

À l’heure actuelle, les automobilistes qui veulent passer de Charlevoix à la Côte-Nord doivent emprunter un traversier ou faire un long détour pour traverser la rivière Saguenay dans la ville du même nom.

« L’été, il n’est pas rare de devoir attendre 90 minutes pour traverser. C’est un véritable enjeu », avance M. Montigny.

Cet enjeu du pont n’est pas nouveau. Le gouvernement du Québec a dévoilé en 2009 une étude commandée à SNC-Lavalin-Gévinar. Elle arrivait à la conclusion que le pont coûterait entre 800 et 900 millions de dollars et ne serait pas rentable économiquement sur un horizon de 40 ans.

Mais le maire de Baie-Comeau pense qu’un pont plus modeste pourrait très bien être rentable. « On ne parle pas d’un pont comme à Montréal, on parle d’un pont qui ressemble à celui de l’île d’Orléans, avec une voie pour entrer et une pour sortir. »

Le soumissionnaire qui réalisera l’étude doit être choisi par Québec en 2021. Les conclusions sont attendues pour 2022.

Rallonger la 138

L’autre étude d’opportunité commandée concerne la route 138, qui s’arrête à Kegaska. Plusieurs pans de la Côte-Nord sont actuellement isolés, sans lien routier vers le reste du Québec ou Terre-Neuve-et-Labrador.

L’étude devra « recueillir l’ensemble des données nécessaires afin de déterminer les meilleurs scénarios pour les tronçons entre La Romaine et Tête-à-la-Baleine ainsi qu’entre La Tabatière et Vieux-Fort ».

Le maire de Baie-Comeau croit qu’il s’agit d’une occasion pour davantage relier la région à Terre-Neuve et solidifier les liens économiques avec cette province voisine.

« L’appel d’offres, c’est le bout important de ces annonces. Parce qu’on a dit longtemps qu’on allait mettre à jour les études, parfois à l’interne, lance M. Montigny. Mais là, on annonce qu’on va vraiment aller chercher une entreprise pour le faire. »