(Miramichi) Un ancien protecteur du citoyen du Nouveau-Brunswick s’inquiète du manque de formation policière en matière d’intervention en maladie mentale, dans la foulée des deux récents morts impliquant des policiers.

La Presse canadienne

« J’ai longtemps pensé que la police n’était pas vraiment bien équipée pour traiter ce genre de cas, a souligné Bernard Richard au cours d’un entretien, dimanche. Dans la plupart des provinces [y compris au Nouveau-Brunswick], il existe des unités d’intervention en cas de crise qui sont disponibles 24 heures sur 24 pour répondre à ce type de situations. »

Pour l’instant, rien n’indique si la police a demandé de l’aide d’experts en santé mentale avant la mort de Chantel Moore, tuée le 4 juin par un agent d’Edmundston, et celle de Rodney Levy, tué vendredi par un agent de la GRC près du territoire micmac de Metepenagiag, à l’ouest de Miramichi.

« Ce serait l’une des premières questions que je poserais », a dit celui qui fut le protecteur du citoyen de la province de 2004 à 2001. Aujourd’hui, il conseille les six Premières Nations micmaques du Nouveau-Brunswick sur la protection des enfants.

« Je suis un peu surpris, que dans ces deux cas-là, ce soit la police qui est intervenue. Et les agents ont jugé nécessaire de recourir à leur arme de façon meurtrière. »

Et dans les deux cas, rappelle M. Richard, la police devait s’occuper de personnes qui semblaient souffrir de problèmes de santé mentale.

M. Richard a raconté avoir participé à une « marche de guérison » qui s’est déroulée samedi à Moncton pour saluer la mémoire de Mme Moore.

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Chantel Moore a été tuée le 4 juin par un agent d’Edmundston.

Des participants ont mis en doute l’impartialité du Bureau des enquêtes indépendantes qui examine les deux interventions policières.

« J’ai entendu haut et fort des gens disent qu’ils ne font pas confiance au processus prétendument indépendant, a raconté M. Richard. Il n’y a pas vraiment d’attente avec ces enquêtes. On ne croit pas qu’elles répondront aux attentes de la communauté. »

Selon lui, les enquêteurs auraient besoin de l’expertise autochtone.

M. Richard a souvent mené des enquêtes sur des affaires impliquant des policiers. Il a recommandé que les services de police engagent des travailleurs sociaux vêtus en civil pour aider les policiers à régler les disputes familiales et à reconnaître les symptômes de maladie mentale.

Comme plusieurs, il prêche aussi pour l’utilisation d’une caméra corporelle par les policiers.