(Miramichi) Le chef d’une Première Nation du Nouveau-Brunswick a demandé aux membres de sa communauté de s’abstenir de parler aux médias, au sujet d’une intervention policière qui a coûté la vie à un Autochtone.

La Presse canadienne

Le chef Bill Ward, de la nation micmaque Metepenagiag, a publié une déclaration sur Facebook, disant qu’il répondait à une demande de la famille de la victime, Rodney Levi.

« Moi aussi, je respecterai cette demande pour le moment », a-t-il écrit dans son bref message.

M. Ward, qui a participé à une session Facebook d’une heure en direct samedi, dit que les enquêteurs du Bureau des enquêtes indépendantes du Québec (BEI) travaillent avec les membres de la famille, pour clarifier les évènements le plus possible.

« Je vous prie de respecter le processus d’enquête, a écrit le chef Ward. La famille s’adressera aux médias lorsqu’elle en sera prête. »

À Ottawa, le cabinet du ministre de la Sécurité publique Bill Blair a rappelé la nécessité d’une enquête transparente, indépendante et rapide.

« Cette mort tragique survient au moment où les gens dans tout le pays — et autour du globe — se lancent dans de difficiles, mais nécessaires conversations à propos du racisme systémique dans nos institutions, y compris au sein de la police, a-t-on écrit dans un communiqué. Nous savons que les changements ne se produiront pas du jour au lendemain, mais ces discussions doivent être suivies de mesures concrètes. »

M. Blair s’est déjà prononcé pour l’utilisation d’une caméra corporelle pour les policiers et des mesures législatives visant à reconnaître les forces de l’ordre autochtones comme des services essentiels.

Un invité « bienvenu »

Vendredi soir, la GRC a dit avoir reçu une plainte concernant une personne « dont la présence n’était pas voulue » dans une maison près de Metepenagiag, à environ 30 kilomètres à l’ouest de Miramichi.

PHOTO RON WARD, LA PRESSE CANADIENNE

C’était la deuxième fois qu’un policier tuait mortellement un Autochtone au Nouveau-Brunswick en moins d’un mois.

Elle dit que lorsque les policiers sont arrivés, « un homme armé de couteaux a foncé sur eux ». Ils ont plusieurs fois essayé de le maîtriser avec une arme à impulsions, mais sans succès.

M. Levi a été mortellement abattu par un officier. Il a été déclaré mort à l’hôpital vers 21 h. Il avait 48 ans.

Le prêtre Brodie MacLeod, l’hôte de M. Levi lors de cette soirée, a publié dimanche une déclaration indiquant que le malheureux était « un invité qui était la bienvenue » chez lui pour partager un repas avec sa famille.

Personne n’était disponible à la GRC pour commenter les récents développements à cette affaire.

Bill Ward a décrit Rodney Levi comme un homme troublé qui cherchait à obtenir de l’aide pour sa santé mentale, mais le chef insiste sur le fait qu’il n’était pas quelqu’un de violent.

« Il avait ses démons, mais il était toujours très amical, a souligné M. Ward samedi. Il n’avait jamais tenté de blesser qui que ce soit… Il n’était pas le monstre qu’ils vont tenter de faire de lui. »

C’était la deuxième fois qu’un policier tuait mortellement un Autochtone au Nouveau-Brunswick en moins d’un mois. Le 4 juin, Chantel Moore, 26 ans, a été abattue par un agent de la Force policière d’Edmundston.