Par un samedi presque estival, le 27 avril 2019, une fissure s’est transformée en rupture à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Un an plus tard, une vingtaine de poursuites totalisant plusieurs millions pendent au nez de la petite municipalité et d’autres instances gouvernementales. Les citoyens, eux, fulminent. Retour sur cette catastrophe qui a bouleversé la vie de toute une population.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

« L’été, c’était magnifique. J’assoyais mes personnes âgées à l’extérieur. On aimait regarder le lac. Aujourd’hui, je suis obligée de tout faire raser », lâche Céline Rhéaume, autrefois dirigeante de la résidence pour personnes âgées Manoir du Lac.

Mme Rhéaume fait partie des nombreux riverains qui ont intenté des poursuites contre la municipalité de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Montréal. La sinistrée poursuit la municipalité pour négligence dans l’entretien de la digue qui devait protéger tout un quartier contre la crue printanière du lac des Deux Montagnes.

Le soir de la tragédie, elle a évacué in extremis ses 27 résidants dans un autobus scolaire. Personne n’est mort ce jour-là, se console-t-elle. Ses aînés vivent désormais dispersés dans des résidences pour personnes âgées de plusieurs autres villes. Certains sont morts depuis un an. Entre autres cette dame de 89 ans, Mme Martel, qui aimait faire la promenade quotidienne du petit chien de la résidence. Une crise cardiaque.

« Quand je regarde ce qui se passe dans les CHSLD en ce moment avec la COVID-19, je me dis que nous réagissons toujours après, quand il est trop tard, lance Céline Rhéaume. Ça me fait mal au cœur. En 17 ans, je n’ai jamais eu d’eau dans ma résidence. Il aurait seulement fallu de la roche pour l’entretien [de la digue]. Pour moi, c’est de la négligence. »

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

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    PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

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    PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

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    PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

  • Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

    PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

    Le 27 avril 2019, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Des mois ont été nécessaires pour ramasser les débris.

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6000 personnes évacuées

Le 27 avril 2019, vers 19 h, la rupture soudaine de la digue a provoqué une crue des eaux qui a englouti, en moins de 45 minutes, 2500 propriétés sur son passage, dont un domaine de maisons mobiles. Pas moins de 6000 personnes ont dû être évacuées. Le secteur inondé n’était pas considéré comme une zone inondable.

Serge Langlois est propriétaire avec sa sœur et son frère du domaine de maisons mobiles durement frappé, dont les images projetées dans les médias ont marqué les esprits. Un an plus tard, les propriétaires sont eux aussi engagés dans un bras de fer et réclament des dommages et intérêts devant les tribunaux.

M. Langlois estime qu’il a perdu de 13 000 $ à 14 000 $ en revenus par mois en location de ses terrains. Bien malgré lui, il a résilié des baux valides jusqu’au 30 juin 2020. Quelques dossiers sont encore devant la Régie du logement du Québec. Les maisons mobiles d’une soixantaine de résidants ont été déclarées pertes totales. À ce jour, une partie du domaine reste déserte.

« On a été les grands sacrifiés », estime M. Langlois.

« Pas moins de 2000 camions ont circulé dans le domaine durant la crise, raconte-t-il. Ils ont étendu de la roche partout. L’asphalte a été défoncé, il a fallu tout nettoyer, on a réparé les lignes d’eau, des égouts ont été endommagés. Il est incroyable, et le mot est faible, qu’une rupture de digue ait été nécessaire pour réaliser, après plus de 40 ans de protection, malgré des indices et des analyses, que des améliorations étaient nécessaires. »

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Les maisons mobiles d’une soixantaine de résidants ont été déclarées pertes totales. À ce jour, une partie du domaine reste déserte.

« Le mur de la honte »

Un an après la rupture de la digue, les poursuites s’accumulent contre la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et d’autres instances gouvernementales. Il y a celle de Mme Rhéaume et M. Langlois, mais aussi une action collective. Il y a des poursuites mettant en cause la MRC de Deux-Montagnes, le gouvernement du Québec et la Communauté métropolitaine de Montréal. Les sommes restent à préciser, mais elles totaliseront plusieurs millions.

Comme plusieurs citoyens croisés par La Presse au cours des derniers jours, Karelle Ouellet profitait du soleil pour marcher avec son chien, rue Louise, à l’angle de la 45e Avenue. À cet endroit, l’imposante construction d’une nouvelle digue a fait son apparition, culminant à 26,5 m au-dessus du niveau de la mer. C’est un 1,5 m de plus que l’ancienne digue.

Sur place, les travaux vont bon train. Des travailleurs procèdent à de l’enrochement et à l’installation de palplanches, sortes de gros murs d’acier enfoncés dans les rives du lac. Le tout sous la surveillance de la firme de génie Cima+.

« J’appelle ça le mur de la honte, lance Mme Ouellet. Il me semble qu’un mètre de moins aurait amplement fait l’affaire. J’ai acheté une propriété l’an dernier, avant la rupture de la digue. Je pensais pouvoir faire du kayak. Mais avec ce gros mur, l’accès au lac est barré partout. Le lac n’existe plus. Je vais déménager. »

Au cours des derniers jours, la municipalité a été contrainte de sévir contre des résidants qui se promenaient à pied ou à vélo sur la digue, empiétant ainsi sur des terrains privés. Des panneaux d’interdiction ont été placardés. Les contrevenants sont passibles d’une amende.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

La nouvelle digue érigée à Sainte-Marthe-sur-le-Lac est surnommée « le mur de la honte » par certains résidants.

Destructions

Le 16 mars dernier, quand les avis de confinement ont frappé de plein fouet le Québec à cause de la pandémie, un groupe de Marthelacquois a déposé une poursuite en dommages et intérêts en Cour supérieure contre la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. La requête a été amendée le 20 avril. Ils sont aujourd’hui 64 riverains vivant dans 43 propriétés à demander l’arrêt de la construction de la digue sur une longueur de 5,1 km.

Les propriétaires font valoir que la digue gruge leurs terrains, leurs résidences. Ils veulent obtenir au minimum 30 % de la valeur de leurs terrains et 20 % de la valeur de leurs maisons. Une somme dépassant 10 millions de dollars.

Selon la requête, que La Presse a consultée, les travaux actuels entraînent la destruction de berges et de plages, la coupe d’arbres et de haies ainsi que la destruction de clôtures, de quais, de trottoirs et de murets. Les vibrations ont causé des bris de vaisselle et de cadres décoratifs. Des murs intérieurs se sont fissurés. La liste est longue.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Les travaux actuels entraînent la destruction de berges et de plages, la coupe d’arbres et de haies ainsi que la destruction de clôtures, de quais, de trottoirs et de murets.

Ceux qui s’en vont

À Sainte-Marthe-sur-le-Lac, un sondage a déjà montré qu’un résidant sur deux souhaitait déménager à cause de la crue. C’est le cas de Pierre Caron. Sa maison de la rue Saint-Lambert est aujourd’hui nez à nez avec la digue, avec ses énormes palplanches. Du rez-de-chaussée, il ne voit plus le lac. Il faut monter à l’étage pour retrouver un semblant de vue.

« J’ai lâché prise, dit-il. J’attends juste mon dédommagement pour mettre une pancarte et m’en aller d’ici. Selon ce qu’on m’a expliqué, le gouvernement versera jusqu’à 40 % de la valeur de ma propriété. J’ai l’intention de m’en prévaloir. »

Quelques rues plus loin, dans le parc de maisons mobiles, le propriétaire du domaine espère attirer de nouveaux résidants avec des maisons préfabriquées flambant neuves rappelant le confort d’un studio-loft. Deux modèles ont été érigés, prêts pour la vente.

Certains citoyens, dont Judith Duguay et son conjoint, ont bien tenté de retrouver leur vie d’avant. Ils ont racheté une maison mobile. Mais ils viennent de la vendre. Le couple va s’installer dans un appartement loué au 8e étage d’un complexe donnant sur la rivière des Prairies, à Laval.

« Je passe devant notre ancienne maison presque tous les matins avec mon chien, et j’ai toujours le cœur serré, confie Mme Duguay. C’est très désolant de voir ce que j’appelle le cimetière des maisons démolies. J’en voudrai toute ma vie à la municipalité de sa négligence. On a perdu un petit paradis où on souhaitait finir nos jours. Nous ne reprendrons jamais notre vie en demeurant ici. »

« On verra la suite », dit la mairesse

La mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus, reste inébranlable malgré les nombreuses critiques à son égard. Contrairement à plusieurs de ses concitoyens, elle n’a pas l’intention de déménager, bien au contraire.

Lors d’un entretien avec La Presse, elle a affirmé qu’elle envisageait fortement de se représenter à la prochaine course à la mairie. Et quand on lui parle des nombreuses poursuites, elle évite de commenter, précisant que « c’est judiciarisé ».

« On verra la suite », se borne-t-elle à dire.

L’élue municipale a respecté une quarantaine de 14 jours en revenant de voyage dans la foulée de la pandémie. Ses bureaux municipaux sont fermés aux citoyens à cause de la COVID-19, mais cela n’empêche pas son administration de fonctionner, dit-elle.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Sonia Paulus, mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Notre municipalité est encore éprouvée ; pour nous, la COVID-19, c’est un coup par-dessus un coup. Mais nous sommes capables. Nous avons pu passer à travers l’an dernier. Cette année, on commence à s’en remettre, à vivre comme avant même s’il reste des séquelles.

Sonia Paulus, mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

L’élue municipale explique que plusieurs permis de rénovation et de reconstruction ont été accordés au cours des derniers mois. Pour aider les riverains qui ne veulent plus vivre sur le bord de l’eau mais qui veulent encore habiter sur le territoire, Sainte-Marthe-sur-le-Lac donne un congé de droit de mutation immobilière.

« On aide du mieux qu’on peut », explique-t-elle.

Des prouesses

Un an après la rupture de la digue, la mairesse estime que son administration municipale a réalisé des prouesses dans les circonstances.

La nouvelle digue a été érigée au coût de 49 millions, dont 10 proviennent d’un emprunt assumé par la Ville.

« Honnêtement, on a fait une digue dans un temps record, se félicite Mme Paulus. C’est un très gros projet pour une petite ville comme la nôtre, et franchement, on est très fiers de voir que le projet a pu être réalisé dans un délai si court, avec toutes les approbations que ça prenait. Il y a toujours eu des négociations, mais on ne nous a jamais dit non. Cherchez une ville de notre taille qui a pu faire ça dans un délai aussi court. Il n’y en a pas. »

La mairesse Paulus promet enfin que la digue sera enjolivée avec de l’engazonnement, une finition et des aménagements pour les descentes des bateaux. Elle explique que l’accès à l’eau sera permis dans un secteur d’un parc municipal.

Indemnisations

Le 20 avril 2020, plus de 89,7 millions avaient été versés en indemnisations par le ministère de la Sécurité publique du Québec en lien avec la rupture de la digue. De cette somme, près de 80 millions ont été versés à des particuliers. Pour l’ensemble du Québec, 350,5 millions ont été distribués relativement aux inondations du printemps 2019, en incluant les sommes accordées aux municipalités. Source : ministère de la Sécurité publique du Québec

Action collective

En plus des poursuites individuelles, la Ville de Sainte-Marthe-sur-le-Lac doit se défendre d’une action collective réclamant 400 000 $ par sinistré. En janvier, la Cour d’appel lui a donné l’autorisation de faire valoir un point technique sur les délais à respecter pour déposer une action collective en vertu de la Loi sur les cités et villes.

Poursuites

Survol des poursuites intentées notamment contre la Ville :  

– Manoir du Lac, Céline Rhéaume : poursuite en dommages et intérêts pour négligence. Elle fait également partie d’une poursuite regroupant des propriétaires riverains en lien avec l’impact et les conséquences de la construction de la nouvelle digue.

– Serge Racette : il fait partie d’un groupe de riverains contestant la hauteur de la digue et ses paramètres techniques de construction. Selon les demandeurs, le niveau de la digue devrait s’élever à 25,5 m – elle mesure 26,5 m.

– Domaine des maisons mobiles, Serge Langlois : poursuite en dommages et intérêts. 

– Marina plage Roger, André Taillon : il prévoyait développer un vaste quartier résidentiel sur les berges du lac. Il avait obtenu les permis de la municipalité, comme l’a déjà révélé La Presse dans un reportage. Il tente d’obtenir à l’amiable un dédommagement exemplaire.

– Plusieurs poursuites individuelles menées par le cabinet d’avocats spécialisé en construction de Rosemère, Charron Avocats, pour dommages moraux, punitifs, et la perte de maisons. Il y a des individus, mais aussi des compagnies d’assurances engagées dans différents recours, dont Intact assurance, Aviva, La Personnelle, Groupe Ledor et Sécurité Nationale.