Un Montréalais est montré du doigt en Afrique à la suite de la découverte d’une vague de vandalisme dans des lieux emblématiques de Namibie, notamment un édifice colonial centenaire situé au cœur du plus vieux désert du monde.

Vincent Larouche
Vincent Larouche La Presse

Au cours des dernières semaines, un petit groupe de touristes avait publié sur Instagram des vidéos d’eux-mêmes en pleine action alors qu’ils peignaient des graffitis dans plusieurs sites namibiens. Ils avaient aussi diffusé des photos de leurs œuvres.

  • Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

    PHOTO FOURNIE PAR NRUPESH SONI

    Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

  • Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

    PHOTO FOURNIE PAR NRUPESH SONI

    Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

  • Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

    PHOTO FOURNIE PAR NRUPESH SONI

    Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

  • Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

    PHOTO FOURNIE PAR NRUPESH SONI

    Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

  • Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

    PHOTO FOURNIE PAR NRUPESH SONI

    Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

  • Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

    PHOTO FOURNIE PAR NRUPESH SONI

    Un petit groupe de touristes ont peint des graffitis dans plusieurs sites namibiens.

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Une vieille gare construite au début des années 1900 pendant l’occupation allemande du pays a ainsi été couverte de graffitis à Garub, une ville fantôme dans le désert du Namib. L’endroit est apprécié des touristes à titre de vestige historique important, mais aussi parce qu’il est fréquenté par une importante population de chevaux sauvages.

Les images des graffitis sur la vieille gare se sont répandues comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, provoquant de vives réactions en Namibie et dans d’autres pays africains.

« J’ai éclaté en sanglots »

« Ces gens ont détruit notre héritage. J’ai éclaté en sanglots », a déclaré la photographe locale Franci Carney au site d’information namibien Erongo.

« Le graffiti est peut-être une forme d’art, mais il n’a pas sa place sur les vieux édifices historiques. Ceux-ci ont leur propre histoire à raconter, alors ne les exploitez pas pour raconter la vôtre », a déclaré l’Association hospitalière de Namibie, un regroupement de l’industrie touristique, sur sa page Facebook.

Un consultant en sécurité namibien, Nrupesh Soni, s’est lancé dans un véritable travail de détective après l’apparition des graffitis. Il a lancé un appel à tous sur les réseaux sociaux. Des gens l’ont joint avec des photos de « tags » semblables apparus ailleurs en Namibie et en Afrique du Sud.

PHOTO TIRÉE DE FACEBOOK

Nrupesh Soni

« Pour moi, il s’agissait de prouver que même si nous sommes un petit pays, ça ne se fait pas. Vous ne pouvez pas venir ici et dire que, comme c’est l’Afrique, on peut manquer de respect », a-t-il expliqué en entrevue téléphonique avec La Presse, vendredi.

M. Soni dit qu’en plus des graffitis, la diffusion par les touristes-graffiteurs d’images d’animaux sauvages filmés à partir d’un drone a choqué de nombreux Namibiens.

« Ça ne se fait pas, utiliser des drones pour pourchasser des animaux sauvages ici. On doit responsabiliser ces gens », dit-il.

Des contacts qui avaient croisé la route du groupe de touristes en question ont permis à Nrupesh Soni de confirmer que l’un des voyageurs était canadien et qu’il était accompagné de trois Français.

M. Soni a même obtenu d’une source au sein d’un établissement local la photocopie du passeport du voyageur canadien, qui a été diffusée abondamment sur l’internet : il s’agit d’Éric Dang Pham, 37 ans, un Montréalais qui a été reconnu coupable à la suite d’accusations criminelles de méfaits à deux reprises à Montréal par le passé, pour avoir « détruit ou détérioré un bien ».

PHOTO FOURNIE PAR NRUPESH SONI

Photo tirée du passeport d'Éric Dang Pham

M. Pham faisait bien partie du voyage en Afrique, mais il affirme que son rôle se limitait à prendre des images avec son drone et nie avoir participé au vandalisme attribué à ses amis.

Plainte formelle à la police

Me Louis Nicholas Coupal-Schmidt, un avocat montréalais qui représente Éric Dang Pham, a joint son client à la demande de La Presse vendredi, alors que ce dernier se trouvait toujours outre-mer.

« Il nie avoir peint la gare en question en Namibie, mais il concède qu’il était là-bas et qu’il a fait du drone », explique-t-il.

Les conséquences sont lourdes à porter pour le Montréalais. Des internautes namibiens en colère ont lancé une campagne de protestation en incitant les gens à appeler certaines de ses connaissances, y compris des commerçants montréalais dont il était proche, mais qui n’ont rien à voir avec son voyage en Afrique. Son nom a été transmis aux autorités en France et en Namibie, où une plainte formelle a été faite à la police.

Les compagnons de voyage d’Éric Dang Pham ont été reliés par plusieurs médias français à un groupe de graffiteurs très actifs dans la région de Lyon.