(Lachute) C’est le souvenir d’une jeune fille impliquée dans sa communauté, souriante et au regard rempli de bonté qui a été évoqué à l’église Sainte-Anastasie lors des funérailles d’Océane Boyer, dont le meurtre violent survenu la semaine dernière a secoué toute la communauté de Lachute, dans les Laurentides.

Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

Avant même que les portes de l’église Sainte-Anastasie s’ouvrent aux visiteurs, ceux venus rendre un dernier hommage à la jeune victime pleuraient déjà à chaudes larmes. L’infinie tristesse et l’incompréhension se lisaient sur tous les visages, vendredi matin à Lachute.

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Des citoyens émus attendent avant d'entrer dans l'église Sainte-Anastasie.

À l’intérieur de l’église, ils sont plusieurs à lancer des regards consternés et émus au portrait d’Océane Boyer, entouré de fleurs multicolores, puis à sa famille. Un peu plus loin, des parents incapables d’expliquer l’inconcevable réconfortent leurs enfants, venus célébrer la mémoire de leur camarade disparue.

Au milieu de la salle, les membres de la famille d’Océane Boyer recevaient les condoléances d’une communauté éplorée. De longues étreintes suivies de témoignages du soutien étaient offerts aux parents de l’adolescente. Caroline Sarrazin et Francis Boyer peinaient à retenir leurs larmes en chuchotant leurs sincères remerciements, le visage marqué par la souffrance de devoir dire adieu à leur fille.

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Les proches d'Océane Boyer: son frère Olivier, son père Francis Boyer, sa mère Caroline Sarrazin et sa soeur Cassandre.

Plus tard, le curé Robert Lemire a décrit la perte d’Océane Boyer comme un drame incroyable qui ne peut laisser indifférent, tout en offrant des messages de résilience et d’espoir qui célébraient sa vie. Proche de la famille, il a baptisé Océane Boyer des années auparavant, dans cette même église où avait lieu les funérailles de la jeune fille partie trop tôt. Il a souligné « sa capacité d’aimer et de rire et son engagement dans sa communauté, notamment à la maison des jeunes ».

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Le curé Robert Lemire transporte un portrait d'Océane Boyer à l'extérieur de l'église.

Espoir et résilience

« À toi, petit ange, que de là-haut tu puisses t’épanouir. […] Ton passage fut trop court, mais nous sommes fiers de t’avoir connue. Au revoir, petit ange. », ont écrit les tantes d’Océane Boyer dans un touchant témoignage livré en avant-midi devant une foule en pleurs.

En hommage à « leur petite boule d’énergie », plusieurs membres de la famille, dont son oncle Mario Noël, se sont fait tatouer le nom d’Océane, « pour la garder avec eux à tout jamais. »

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L'oncle d'Océane Boyer, Mario Noël, montre son tatouage.

Amis et cousins ont décrit la jeune fille comme « une petite fleur qui n’avait pas fini de fleurir » et qui allait cruellement leur manquer. Ces discours ponctués de profonds sanglots ont été suivi par un solo de guitare et l’interprétation de Je t’aime petite fleur une chanson écrite pour Océane Boyer. Les paroles ont suscité énormément d’émotion parmi ceux présents. « Partie comme ça sans avertir, on t’a arraché ton sourire », pouvait-on entendre dans un couplet dédié aux parents de la victime et à son frère Olivier et sa soeur Cassandre.

Malgré la colère et l’indignation palpables, les circonstances tragiques autour du décès de la jeune fille ont peu été mentionnées. La famille a préféré célébrer la vie de l'adolescente en se remémorant tous les beaux moments passés à ses côtés.

Ils ont toutefois invité la famille de François Sénécal, accusé du meurtre de l’adolescente, à venir aux funérailles. L'ami de longue date de la famille Boyer risque la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

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François Sénécal est accusé du meurtre au premier degré d'Océane Boyer.

L’homme de 51 ans connaissait Océane Boyer depuis sa naissance. Il s’est présenté au palais de justice de Saint-Jérôme mercredi dernier. Le dossier doit se poursuivre le 20 mars prochain.

Francine Goyer ne fait pas partie de l'entourage de la famille. Comme beaucoup, le drame survenu la semaine dernière l'a profondément choqué. « Je n'ai pas de mot pour expliquer ce qui est arrivé, c'est pour ça que je suis ici ce matin. Je veux essayer de soutenir la famille », a-t-elle expliqué, la voix tremblante.

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Une mère émue après la cérémonie.

L’envolée d’une colombe à l’extérieur de l’église a marqué la fin de la cérémonie. « C'était tellement beau. [...] Mais on ne peut même pas comprendre la souffrance que ça provoque », a dit Mélanie Leclerc, une amie de la famille, en enlaçant sa fille pour la réconforter.

De l’autre côté de la rue, des gens observaient depuis leur balcon la centaine de personnes aux yeux rougis par les pleurs, réunies aux côtés de la famille dans ce douloureux moment.