Des associations à but non lucratif d’aide aux immigrants et aux réfugiés demandent au ministre de l’Immigration d’admettre 100 demandes supplémentaires de parrainage privé en 2020 pour compenser le cafouillage dont elles estiment avoir été victimes lors du processus de dépôt des dossiers de parrainage de réfugiés, le 20 janvier dernier.

Audrey Ruel-Manseau
Audrey Ruel-Manseau La Presse

« Pour nous et pour les ONG, pour tout le monde — même le Ministère l’a admis —, c’est clair qu’il y a eu des problèmes [le 20 janvier], et on veut savoir quelles sont les solutions. De dire que “l’an prochain, on fera mieux”, pour nous, ça ne règle pas le mal des familles aujourd’hui », déclare Me Guillaume Cliche-Rivard, président de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration (AQAADI).

Dans une lettre envoyée lundi matin au ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, l’AQAADI et la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI) demandent à Simon Jolin-Barrette de trouver une « solution juste et équitable » pour ceux qui ont été défavorisés par le processus de sélection du programme de parrainage collectif.

« Au nom de ces dizaines, voire centaines, de familles effondrées, nous vous demandons respectueusement de rouvrir le processus de réception des demandes et de permettre à ce qu’au moins cent (100) demandes additionnelles soient acceptées dans le cadre de l’exercice du programme pour 2020, et ce, suivant un processus équitable qui offre une réelle possibilité d’accès à tous », écrivent conjointement l’AQAADI et la TCRI.

Un avis juridique sur les enjeux soulevés par les irrégularités de la réception des dossiers de demande de parrainage collectif accompagne la lettre. Même si le document laisse entendre qu’il y a matière à poursuite, Me Cliche-Rivard précise que ce n’est pas le but visé.

« Notre demande, c’est vraiment de dialoguer, de discuter pour trouver une solution. On ne veut pas brandir les armes, mais on veut être pris au sérieux. C’est pour ça qu’on a été chercher un avis légal », explique Me Cliche-Rivard.

« Nous avons reçu la correspondance et nous en prenons acte », a répondu sans plus de détails l’attachée de presse du ministre Jolin-Barrette, Élisabeth Gosselin.

File d’attente de plusieurs jours

Le Programme de parrainage privé de réfugiés (PPPR) permet à des groupes privés de parrainer des réfugiés qui se trouvent à l’étranger. Des 750 dossiers admis par le programme au Québec, 100 places sont réservées aux groupes de deux à cinq parrains. Cette année, le ministre Jolin-Barrette a imposé que les demandes soient déposées le 20 janvier par l’entremise d’un messager pour qu’elles soient traitées selon le principe de « premier arrivé, premier servi ». 

Des gens ont fait la queue durant plusieurs jours pour s’assurer l’une des 100 places. Or, dans les faits, comme aucune limite du nombre de demandes par messager n’avait été imposée, le processus a donné lieu à de la corruption, à de l’intimidation et à un traitement injuste des demandes. Le ministre a par la suite assuré que Québec mettrait fin au système de messagers.