(Ottawa) Le sort du futur brise-glace polaire de la Garde côtière canadienne reste entouré d’un épais mystère depuis que le gouvernement fédéral a discrètement rayé le projet de 1,3 milliard du carnet de commandes du chantier naval Seaspan, en mai, à Vancouver.

Lee Berthiaume
La Presse canadienne

Le nouveau commissaire de la garde côtière, Mario Pelletier, affirme toutefois que le projet n’a pas été abandonné. L’annonce de la construction du plus imposant brise-glace du Canada devant porter le nom de l’ancien premier ministre John G. Diefenbaker remonte à plus d’une décennie sous le gouvernement de l’ex-premier ministre Stephen Harper.

D’après ce qu’a déclaré M. Pelletier à La Presse canadienne, les plans seraient en voie d’être redessinés afin de mettre à jour certaines caractéristiques permettant l’installation de nouvelles technologies et de respecter les exigences du gouvernement.

Quand exactement la construction du navire pourra démarrer et combien coûtera l’ensemble de l’opération sont des questions qui demeurent sans réponses pour le moment.

Mario Pelletier assure avoir entièrement confiance en la capacité du vieux CCGS Louis S. St-Laurent, qui compte 53 hivers à son actif, à poursuivre son travail jusqu’à la fin de la décennie 2020 en y apportant certaines améliorations.

Le navire a d’ailleurs récemment subi des travaux de 7,1 millions effectués au chantier naval Davie afin de prolonger sa durée de vie.

Au moment où il a été annoncé, le CCGS John G. Diefenbaker devait affronter les glaces dès 2017.

« Avant de prendre la décision d’investir pour prolonger l’utilisation du navire, on a procédé à une vaste inspection et on a été impressionné par l’épaisseur de l’acier qu’il reste sur le bateau », a souligné M. Pelletier qui a lui-même servi sur le Louis S. St-Laurent à l’époque où il était propulsé à la vapeur.

« Oui, c’est un vieux bateau. Mais il a encore bien assez d’acier pour être sécuritaire et son système de propulsion et tout le reste a été mis à niveau. C’est un bateau extrêmement fiable », a tenu à rassurer le commissaire.

La commande originale pour la construction du CCGS John G. Diefenbaker a été passée en 2011 au chantier naval Seaspan dans le cadre d’une longue liste incluant aussi quatre navires scientifiques pour la garde côtière et deux navires de ravitaillement pour la Marine royale canadienne.

Mais en mai, le fédéral a retiré sa commande du brise-glace par 16 plus petites embarcations multitâches.

En réaction à la nouvelle, le chantier Davie a sauté sur la possibilité de récupérer ce lucratif contrat.

Le chantier de Lévis a d’ailleurs été officiellement ajouté à la liste des entreprises incluses dans la stratégie navale du gouvernement fédéral. Une accréditation qui pourrait lui valoir des milliards de dollars en contrats.

Selon Mario Pelletier, aucune décision n’aurait encore été prise concernant l’identité du chantier naval à qui sera confié l’ambitieux projet du John G. Diefenbaker.

« On va commencer par le vaisseau multitâches et les six plus petits brise-glace. Quand on aura vérifié toutes les options pour notre brise-glace polaire, on verra où on le fera construire », a-t-il mentionné.

Le commissaire se réjouit d’ailleurs de l’ajout de la Davie à la liste des chantiers navals en tant que spécialiste des brise-glace. La flotte de l’agence fédérale se faisant vieillissante, de nombreux bris ont causé des problèmes au ravitaillement de communautés nordiques et côtières.