La DPJ met trop d’obstacles sur le chemin des familles d’accueil et elle leur refuse beaucoup trop d’informations essentielles sur les enfants qu’elles reçoivent, selon Geneviève Rioux, présidente de la Fédération des familles d’accueil et des ressources intermédiaires.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Dans son témoignage ce matin à la Commission Laurent portant sur la DPJ, Mme Rioux a raconté qu’au nom de la confidentialité la plus stricte, les parents d’accueil ne savent à peu près rien de la vie des enfants qui arrivent chez eux.

« Je n’ai pas le droit de savoir quoi que ce soit et je dois jouer aux devinettes, a déploré Mme Rioux. Quand un enfant ne parle pas encore, c’est quand je le déshabillerai pour son premier bain à la maison que je vais manger une claque et comprendre qu’il a probablement été victime d’une agression sexuelle. »

Des informations essentielles se perdent aussi parfois. Mme Rioux a  donné l’exemple d’un parent d’accueil qui reçoit les enfants en urgence et qui, un jour, n’a jamais su que l’enfant arrivé dans sa maison avait une allergie aux arachides.

À l’inverse, les normes de la DPJ très sévères à maints égards – notamment pour la taille des chambres – rendent inadmissibles des familles d’accueil potentielles.  

Plus tôt dans la matinée, Valentine Fau, une doctorante spécialisée dans le droit des enfants et qui s’exprimait au nom d’Accès au droit et à la justice, a rappelé que les enfants de la DPJ, comme tous les enfants, ont des droits, qu’ils méconnaissent.

Ils se savent pourtant souvent victimes d’injustices. Mme Fau a évoqué par exemple le témoignage rendu au début de la Commission Laurent par ce jeune qui se plaignait d’avoir été enfermé dans sa chambre à répétition dès que ça bardait dans son unité. En effet, non, « on n’a pas le droit d’enfermer un jeune parce qu’un autre pète une coche ».