Des élus municipaux et des chasseurs des Laurentides dénoncent l’extension de la période de chasse au chevreuil déclarée par le gouvernement du Québec dans la région pour lutter contre la maladie du cerf fou.

Thomas Dufour Thomas Dufour
La Presse

Au début du mois de septembre, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a étendu la période de chasse du cerf de Virginie de deux à huit semaines. La chasse a débuté hier et se terminera le 17 novembre pour les 17 municipalités visées.

L’objectif : éradiquer la maladie débilitante chronique des cervidés (MDCC), qui peut tuer une bête en quelques mois. Une dizaine de cas avaient été rapportés l’an dernier dans une ferme de Grenville-sur-la-Rouge.

La zone de chasse s’étend dans un rayon de 45 kilomètres autour du lieu où se trouvaient les animaux malades.

« [Nous avons] déployé de nombreux efforts depuis l’an dernier pour s’assurer que la maladie, détectée dans un élevage, ne s’est pas propagée à la faune sauvage », a indiqué Pierre Dufour, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs. Aucun autre cas n’a été rapporté depuis 2018.

« Sur 487 cerfs et orignaux sauvages analysés l’automne dernier, il n’y a eu aucun cas positif de la maladie rapporté », a affirmé Luc Trépanier, maire de Barkmere, au journal L’Information du Nord.

Colère chez la population

Pour Steeve Charland, qui chasse depuis 25 ans, cette décision augmente les risques d’accident. « Habituellement, la chasse à la carabine est ouverte à une période où il n’y a plus de feuilles dans les arbres, explique-t-il. À ce temps-ci, je ne trouve pas ça sécuritaire : c’est le temps de la randonnée, de la cueillette de champignons, et on embarque les chasseurs à la carabine là dedans. »

Des habitants des 17 municipalités visées ont lancé une pétition pour demander au gouvernement de ramener la période de chasse à sa durée normale. « Nous sommes inquiets pour notre sécurité, notre qualité de vie et notre bien-être. Nous nous demandons à quel prix devrons-nous vaincre la maladie débilitante chronique », peut-on lire. Plus de 1000 personnes ont signé la pétition.

Ces citoyens demandent aussi à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) de décontaminer les sols de la ferme Harpur Farms où 12 cas de MDCC avaient été rapportés l’an dernier. Un an après l’apparition des premiers cas, le sol de la ferme n’a toujours pas été traité pour empêcher la contamination d’autres chevreuils.

« On tourne en rond, l’ACIA ne fait pas sa job de désinfection de la ferme qui est à la base du problème », indique M. Charland.

Pour certains résidants, la diminution du nombre de chevreuils est un problème. « C’est certain que tout le monde est inquiet, on voit bien qu’on a beaucoup moins de chevreuils que l’an passé », affirme M. Charland.