Le « Design Thinking Jam » permet de trouver des solutions novatrices à un problème

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

Brassage d’idées

Prenez 200 personnes. Des femmes et des hommes. Jeunes et moins jeunes. Réunissez-les autour de tables de pique-nique colorées dans un bar cool de Saint-Henri, avec du café, du thé, des biscuits et des fruits. Montez le volume de la musique. Et donnez-leur deux heures pour imaginer mille et une solutions à un problème.

« Encourager les idées folles »

Ça se passait hier après-midi au Riverside, dans le sud-ouest de Montréal, sous une température de 25 °C et un peu de pluie. L’exercice, appelé « Design Thinking Jam », avait pour but d’aider l’organisme Tel-jeunes à mieux comprendre la réalité des jeunes et leurs préoccupations. « Mieux saisir ce dont ils ont besoin », précise Camille Mikan-Dupuis, coordonnatrice des services depuis deux ans chez Tel-jeunes. Comment ? En lançant des idées, peu importe lesquelles, technologiques ou pas, farfelues, absurdes ou utopiques. « Le but de l’idéation, c’est d’encourager les idées folles et de ne pas se mettre de barrières », indique Charlotte Cagnet, de l’entreprise Talsom, qui organisait l’évènement.

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Les idées retenues ont été récupérées par Talsom, qui poursuivra l’exercice. La solution retenue sera connue plus tard, mais fait déjà son chemin.

Paiement par texto

Émilie St-Aubin, qui travaille pour l’entreprise en démarrage Third Bridge, en était à sa deuxième participation en deux ans. L’an dernier, le « Design Thinking Jam » portait sur le magazine de rue L’Itinéaire. La mission : trouver un mode de paiement pour les camelots, à une époque où l’argent de poche se fait de plus en plus rare. La solution retenue est sur le point d’être implantée. Ce sera un paiement par texto. Les gens qui désirent acheter le magazine pourront envoyer un texto à un numéro, et le coût du magazine, 3 $, sera facturé à leur compte de téléphone. Il fallait y penser. « J’aime l’idée de faire un “design thinking” pour une cause caritative et d’essayer de trouver une solution à un problème réel », explique Émilie.

Tradition

En 2018, le choix de L’Itinéraire s’était imposé de lui-même. Mais cette année, les organisateurs voulaient donner la chance à tout le monde. À la suite d’un appel de candidatures, 38 organismes ont manifesté leur intérêt ; 10 ont postulé, 3 ont été finalistes. Et l’organisme Tel-jeunes a été choisi. « On a tellement aimé l’expérience, l’an dernier, qu’on a décidé d’en faire une tradition », lance Olivier Laquinte, président de Talsom, entreprise de consultation en transformation numérique.

Briser la glace

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Maxime Lévesque, formateur chez Tel-jeunes

Responsable de projets depuis quatre ans à C2 Montréal, Myriam Lagueux participait pour la première fois. Elle s’était inscrite sur Eventbrite après avoir pris connaissance de l’évènement sur les réseaux sociaux. « Premièrement, ce qui m’attire, c’est la cause des jeunes. Et deuxièmement, c’est la méthodologie du “design thinking” », dit-elle. Les participants, regroupés en équipes multidisciplinaires de cinq ou six, disposaient de papillons adhésifs (des Post-it), de crayons-feutres, de carton, de colle et de pâte à modeler. Ils avaient quelques minutes pour prendre connaissance de la problématique. Puis, ils devaient lancer toutes les idées qui leur passaient par la tête. Discuter. Retenir les trois meilleures. En sélectionner une seule. Et la présenter aux autres participants. « Ça nous permet de penser autrement », souligne Maxime Lévesque, formateur chez Tel-jeunes. « Le but, c’est de rejoindre les jeunes, pas seulement quand ça va mal, mais aussi quand ça va bien. Il faut qu’ils aient le réflexe de nous joindre pour nous parler. » Les idées retenues ont été récupérées par Talsom, qui poursuivra l’exercice. La solution retenue sera connue plus tard, mais fait déjà son chemin.