(Québec) Fondé en 1778, le journal The Gazette a couvert la rébellion des patriotes. La fondation du Canada. Il était imprimé lors de la Révolution française. Quand Mozart est mort. Mais le journal vieux de 241 ans craint devoir prendre des « mesures draconiennes » qui affecteraient son calendrier de publication si rien n’est fait pour sortir les médias d’une crise financière sans précédent.  

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Cette mise en garde a été formulée jeudi par Lucinda Chodan, rédactrice en chef à
The Gazette et vice-présidente, directrice du contenu chez Postmedia, sa société mère. Déjà, a-t-elle rappelé, le plus grand journal de langue anglaise au Québec, basé à Montréal, « a réduit la taille de sa salle de presse à quatre reprise » depuis six ans. Paradoxalement, son lectorat est aujourd’hui « plus grand que jamais ».  

« Le déclin de la publicité imprimée s’accélère. Nos tentatives pour tirer des revenus importants en proposant l’abonnement en ligne n’ont pour le moment pas réussi à remplacer les revenus perdus », a expliqué Mme Chodan.  

À l’été 2019, Postmedia a notamment déclaré « une baisse de 17,6 % des revenus de la publicité imprimée, comparée à la même période en 2018. […] C’est un changement alarmant », a poursuivi la rédactrice en chef du journal.  

« Si la tendance actuelle se maintient, des mesures encore plus draconiennes s’avéreront nécessaires. Cela pourrait affecter les calendriers de publication, la quantité de contenu proposé de même que la taille des effectifs », a-t-elle complété.  

The Gazette demande entre autres au gouvernement Legault d’acheter plus de publicités dans les médias d’information, mais aussi de « soutenir l’innovation » grâce à un crédit d’impôt pour « le développement numérique continuel ».  

Prévenir un exode vers Toronto 

Le député libéral de la circonscription de Jacques-Cartier à Montréal, Gregory Kelley, a affirmé jeudi qu’il était important d’aider les médias anglophones québécois au même titre que les médias francophones. Les anglophones, a-t-il rappelé, ne veulent pas lire des nouvelles écrites depuis Toronto.  

« Pour nous, la centralisation des médias, ça se passe à Toronto. C’est important que nous ayons des journalistes qui viennent du Québec [et] qui comprennent la réalité de la communauté [anglophone] », a-t-il affirmé.

« On ne veut pas des journalistes qui sont à Toronto [et] qui prennent les communiqués des ministères [pour faire] des articles », a-t-il ajouté.