Le projet du ministre François Bonnardel de prolonger la ligne pleine qui interdit de changer de voie sur le tronçon de l’accident mortel de l’autoroute 440, à Laval, est mis en veilleuse. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a annoncé qu’il attendait un avis de sécurité d’un expert avant de donner le feu vert à un pareil marquage.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

À Transports Québec, la porte-parole Sarah Bensadoun a expliqué qu’un premier rapport d’experts en génie civil, de 2009, avait démontré que ce type de marquage devait être utilisé à titre « exceptionnel ». Puis, comme le révélait La Presse hier, une autre étude d’ingénieurs pour le compte du MTQ, datant celle-là de 2010, indiquait que son application systématique était « fortement découragée », qu’elle avait « l’inconvénient de restreindre la navigation, ce qui pouvait entraîner une certaine frustration ou distraction du conducteur ».

En plus de l’avis de sécurité qui sera déposé dans les prochains jours, le MTQ a demandé au lendemain de la collision qui a fait quatre morts, lundi après-midi, une analyse approfondie de tout le secteur délimité par les autoroutes 15 et 440, mais aussi un peu plus à l’est, par l’autoroute 25 et, à l’ouest, par l’autoroute 13.

Au cabinet du ministre Bonnardel, un communiqué a été publié en ce sens hier après-midi. 

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

François Bonnardel, ministre des Transports du Québec, sur les lieux de l’accident mortel survenu sur l’autoroute 440, à Laval

Un premier avis de sécurité sur le prolongement de la ligne continue sera disponible au cours des prochains jours, ce qui permettra une implantation rapide de certaines des solutions qui seront recommandées. En ce qui concerne l’analyse plus complète, j’ai demandé à ce que toutes les options soient envisagées.

François Bonnardel, ministre des Transports, dans un communiqué publié hier

Deux policiers retraités parmi les victimes

Deux des quatre personnes mortes dans la collision transformée en incendie sont des policiers retraités du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), ont confirmé des sources à La Presse. Il s’agit de Gilles Marsolais, 54 ans, et de Michèle Bernier, 48 ans. Selon nos informations, ils formaient un couple et avaient des enfants.

Gilles Marsolais a notamment travaillé à l’intervention avant de terminer sa carrière à la circulation, selon nos sources. Quant à Michèle Bernier, elle aurait fait carrière dans la gendarmerie et était une jeune retraitée.

« Les deux étaient très aimés de leurs collègues », nous a confié un policier du SPVM sous le couvert de l’anonymat, car il n’était pas autorisé à parler aux journalistes. Ce sont différentes informations obtenues par les enquêteurs qui leur ont vraisemblablement permis d’identifier les deux victimes, qui ont péri dans l’incendie de leur véhicule.

La police de Montréal s’est refusée à tout commentaire tant que l’identité des deux victimes n’aura pas été confirmée par le Bureau du coroner.

Depuis 2010, 14 accidents mortels ont eu lieu dans le secteur bordé par les boulevards Le Corbusier et Industriel. Dans certains cas, on note que la vitesse ou l’utilisation d’un cellulaire ont joué un rôle. Dans un rapport sur une mort survenue en 2016, le coroner a indiqué que la congestion était fréquente au niveau de la bretelle de l’A15 et de la 440 Ouest, ce qui diminue la fluidité, et que de nombreux accrochages étaient signalés.