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Le français décline comme langue seconde de préférence

L'apprentissage de l'une ou l'autre des deux langues... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'apprentissage de l'une ou l'autre des deux langues officielles - l'anglais pour les francophones (88 %) et le français pour les anglophones (67 %) - reste le choix de prédilection des répondants, mais des langues autres que les officielles ont maintenant la cote.

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE

(Ottawa) Si le bilinguisme officiel continue à bénéficier d'un très fort appui au pays, la préférence pour l'apprentissage du français comme langue seconde a décliné, surtout chez les jeunes. En fait, la simple idée qu'il importe de maîtriser une deuxième langue, peu importe laquelle, chute en popularité, au grand étonnement de certains experts.

Ce sont là quelques-unes des conclusions d'un sondage réalisé par six instituts de recherche, qui ont voulu tâter le pouls des Canadiens sur le concept de dualité linguistique, alors que l'on souligne en 2019 le 50e anniversaire de l'adoption de la première Loi sur les langues officielles.

La nouvelle encourageante, selon l'auteur du rapport, c'est que 82 % des répondants se disent en faveur de la politique du bilinguisme officiel au pays - un pourcentage qui se maintient depuis le début des années 2000, au fil des diverses enquêtes menées sur la question.

« L'opposition n'est pas en croissance. J'étais un peu trop jeune pour sonder en 1969, mais j'imagine que l'opposition aurait été supérieure. Et il y a plein de partis politiques qui aimeraient avoir l'appui de quatre personnes sur cinq », relève Andrew Parkin, du Mowat Center, en entrevue avec La Presse.

L'enthousiasme face à la dualité linguistique et à son enchâssement dans la législation fédérale, sous le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau, est nettement moins présent en Alberta, où 3 personnes sur 10 ont affirmé désapprouver le fait que le Canada ait deux langues officielles.

Il n'y a là rien de « surprenant », souligne Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de science politique du Collège militaire royal du Canada, à Kingston. « On sait qu'historiquement, l'Alberta, ç'a été un terreau fertile pour des partis qui avaient des positions assez fortes contre le bilinguisme, dont le Parti réformiste », explique-t-elle dans un entretien téléphonique.

UN AUTRE BILINGUISME

Pas de quoi tirer la sonnette d'alarme, donc. En revanche, un aspect du sondage fait allumer un voyant rouge au tableau de cette spécialiste en langues officielles : le déclin de la préférence pour le français comme langue seconde.

« On voit que les Canadiens croient encore au bilinguisme, mais que ce bilinguisme-là, ce n'est pas nécessairement le bilinguisme français-anglais. »

- Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de science politique du Collège militaire royal du Canada

La tendance est plus particulièrement marquée chez les 18 à 34 ans, d'après l'enquête que les instituts de recherche rendront publique aujourd'hui. En 2001, parmi les anglophones hors Québec de cette tranche d'âge qui disaient juger important que leurs enfants apprennent une autre langue, 75 % déclaraient que ce devait être la langue de Molière. En 2019, cette proportion est passée à 61 %.

L'apprentissage de l'une ou l'autre des deux langues officielles - l'anglais pour les francophones (88 %) et le français pour les anglophones (67 %) - reste le choix de prédilection des répondants. Mais des langues autres que les officielles ont maintenant la cote. Chez les allophones, 18 % préconisent l'apprentissage de langues chinoises pour leurs enfants. Chez les anglophones, 6 % miseraient sur l'espagnol.

UNE LANGUE SUFFIT

Mais la trouvaille la plus étonnante du sondage est ailleurs, soit dans la réponse à la question : « Dans quelle mesure est-il important pour vous que vos enfants (si vous en avez) apprennent à parler une deuxième langue ? » Dans toutes les tranches d'âge, partout au pays, on a constaté un déclin - plus ou moins marqué selon la province - du nombre de personnes qui jugeaient l'aptitude très ou assez importante.

« On aurait pensé [dans un contexte de mondialisation] que les Canadiens jugeraient encore plus pertinent d'apprendre une autre langue. Il faut faire attention en interprétant les résultats : une majorité le pense toujours, mais la tendance est à l'inverse de ce que l'on prévoyait », fait remarquer Andrew Parkin.

Le politologue Rémi Léger ne peut malgré tout s'empêcher d'y voir quelque chose de préoccupant. « Sur la durée, sur 20, 30, 40 ans, est-ce que cette tendance va se maintenir ? », soulève en entrevue celui qui enseigne la science politique à l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.

D'autant plus que la tendance s'est inversée chez les répondants de 18 à 34 ans. « Alors que les Canadiens plus jeunes étaient auparavant plus susceptibles que les plus âgés à dire qu'il était important que leurs enfants apprennent une autre langue, ce n'est plus le cas », note-t-on dans le rapport. Ils étaient 86 % d'anglophones hors Québec à le penser en 2001, et voici qu'en 2019, ils ne sont plus que 69 %.

C'est un mystère qu'espère élucider Andrew Parkin dans une prochaine enquête.

Méthodologie et crédit

Le sondage a été réalisé en ligne dans les provinces et par téléphone dans les territoires auprès d'un échantillon représentatif de 5732 Canadiens âgés de 18 ans et plus entre le 14 décembre 2018 et le 16 janvier 2019. Le projet est une collaboration du Centre Mowat, de la Canada West Foundation, du Centre d'analyse politique - Constitution et fédéralisme, de l'Institut de recherche en politiques publiques, de l'Environics Institute for Survey Research et du Brian Mulroney Institute of Government.




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