Les directeurs et directrices de la protection de la jeunesse des 20 régions administratives du Québec estiment que le système doit être « soutenu différemment » pour s’adapter à l’évolution de la société et à l’état de la recherche.

La Presse canadienne

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) a été beaucoup pointée du doigt après le drame de Granby, qui a secoué récemment tout le Québec. Une fillette de sept ans, qui était déjà suivie par la DPJ, a été retrouvée grièvement blessée chez elle ; elle est morte à l’hôpital le 30 avril.

Son père et sa belle-mère ont été inculpés de séquestration, mais la femme avait aussi été accusée de voies de fait graves avant que la mort de la fillette ne soit confirmée. L’identité de toutes ces personnes fait l’objet d’une ordonnance de non-publication, afin de protéger l’identité de l’enfant.

Dans une lettre ouverte publiée lundi, les 20 directeurs et directrices régionaux de la DPJ offrent d’abord leurs condoléances à la famille et aux proches. « Jamais de tels drames ne devraient arriver », écrivent-ils.

Les responsables rappellent ensuite que « dans des circonstances souvent difficiles, (les intervenants) gardent espoir et se dévouent sans relâche afin d’offrir aux enfants en difficulté et à leur famille les services les mieux adaptés à leurs besoins ».

« Leurs responsabilités sont immenses, mais leur engagement envers les jeunes l’est tout autant. Ils exercent des responsabilités humainement et professionnellement très exigeantes », soutiennent les responsables régionaux de la DPJ.

Mais 40 ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection de la jeunesse en 1979, ils estiment aussi que le gouvernement du Québec doit renouveler son engagement de donner la priorité à la protection des enfants. Ils souhaitent donc que les intervenants de la DPJ bénéficient des « moyens d’agir avec célérité, afin d’intervenir dans le cadre des meilleures pratiques et ainsi protéger les enfants qui vivent malheureusement de la maltraitance encore aujourd’hui ».

« Nous sommes d’avis, comme plusieurs intervenants et experts l’ont exprimé, que pour actualiser notre mission de protection des enfants, notre réseau a besoin d’être soutenu différemment. »

En entrevue téléphonique, la directrice régionale de la DPJ du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Assunta Gallo, a expliqué lundi que même si la Loi sur la protection de la jeunesse a été modifiée à quelques reprises depuis 1979, les pratiques, elles, doivent être modifiées pour tenir compte des changements sociaux.

Elle soutient que l’évaluation des enfants est plus complexe aujourd’hui, avec les familles reconstituées, qui demeurent parfois dans des régions différentes, mais aussi les parents aux prises avec des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, par exemple.

Mme Gallo déplore par ailleurs la « pénurie importante de main-d’œuvre en travail social, en criminologie, en psychologie, en psychoéducation » dans tout le Québec.

Elle rappelle toutefois que de veiller sur le bien-être de chacun des enfants au Québec demeure une responsabilité collective. « Quand on travaille tous ensemble, c’est le meilleur filet de sécurité qu’on puisse leur donner », dit-elle.