La digue qui a cédé à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, provoquant l'inondation d'un tiers de la ville, est impossible à colmater actuellement et risque de l’être pour un bon moment encore. «La force de l’eau est trop forte», a expliqué la mairesse de la petite municipalité, Sonia Paulus.

Marie-Eve Morasse, Phiilippe Mercure Marie-Eve Morasse, Phiilippe Mercure
La Presse

Le résultat, dramatique, est que le lac des Deux-Montagnes continue de se vider dans la ville. Selon la mairesse, le niveau de l’eau risque de monter encore pendant 24 heures, peut-être même jusqu’à 48 heures. Déjà 6000 citoyens ont été évacués, et les opérations continuent. Sur place, les autorités tentent de contenir les inondations en construisant deux digues parallèles autour de la brèche, sur les 23e et 29e avenue – et ce, même si le secteur inondé s’étend déjà de la première à la 40e avenue. 

 Véhicules blindés de l’armée, hélicoptère, voitures de polices et de pompiers, ambulanciers : la ville a des airs de zone de guerre, aujourd’hui.  Les autorités ont formellement interdit aux citoyens de regagner leurs maisons, ce qui cause des frustrations manifestes sur place. Il faut dire que les citoyens ont eu à peine une quinzaine de minutes, hier soir, pour quitter les lieux, la montée des eaux étant survenue très rapidement. 

« Je ne doute pas de la bonne volonté des gens, mais il n’y a aucune coordination. On veut aller chercher nos documents, nos bijoux, les souvenirs de nos enfants avant que ce soit complètement engloutis. Il y a des bateaux partout et rien ne se passe », a dénoncé Guylaine Deschamps.

« On comprend la frustration des gens, mais on doit maintenir les barricades pour la sécurité de tout de le monde », a dit le sergent Daniel Thibaudeau, de la Sûreté du Québec. Plusieurs défient toutefois les consignes à bord de canots ou en marchant dans les rues inondés, vêtus de longues bottes, de l’eau souvent jusqu’à la taille.

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Des résidants constatent les dégâts causés par l'eau.

Un tiers du territoire inondé

La rupture de la digue naturelle a inondé le tiers du territoire de la municipalité. « C’est la situation qui nous préoccupe le plus », a déclaré la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en point de presse dimanche.

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La ministre Geneviève Guilbault

En ajoutant les habitants d’un quartier qui ont dû être évacués de manière préventive, c’est plus de 6500 habitants de la municipalité qui en compte environ 18 000 qui ont été forcées de quitter leur domicile. L’eau du lac des Deux-Montagnes a rapidement envahi le territoire samedi soir, quand une digue a cédé aux environs de 19 h.

« Tout le monde est en sécurité, personne n’a été blessé », a assuré la ministre, tout en précisant que deux centres d’hébergement ont été ouverts à Deux-Montagnes pour les sinistrés. Le premier ministre François Legault se rendra sur place dimanche après-midi.

Les prochaines heures seront « critiques » pour les zones à risque d’inondations, mais les prévisions météo laissent entrevoir une accalmie. « Je tiens à dire aux personnes sinistrées qu’une période de répit s’annonce pour eux. On n’annonce aucune accumulation de pluie jusqu’à au moins mercredi », a déclaré la ministre, soulignant également que les équipes sur le terrain commencent à ressentir une certaine fatigue.

Gatineau : les bureaux gouvernementaux fermés lundi

À Gatineau, les bureaux gouvernementaux seront fermés lundi en raison de l’inondation de certaines portions de l’autoroute 50. « On veut éviter les déplacements et une surcharge inutile sur le réseau », dit Geneviève Guilbault.

Plusieurs routes et ponts demeurent également fermés dans la province, notamment en Mauricie, dans les Laurentides et à Montréal.

L’autoroute 20 sera fermée lundi à la hauteur de ponts Proulx et Galipeault, près L’Île-Perrot. En conséquence, les usagers qui emprunteront la ligne de train Vaudreuil-Hudson pourront le faire gratuitement et le péage sur l’autoroute 30 a été suspendu.