Outre le directeur de la Sûreté du Québec relevé de ses fonctions par le gouvernement hier, deux autres policiers de la SQ ont été ou seront affectés à des tâches administratives, dans la foulée de l'enquête du Bureau d'enquête indépendante (BEI) sur les agissements de l'UPAC durant son investigation sur les fuites journalistiques qui a mené à l'arrestation du député Guy Ouellette en octobre 2017.

Mis à jour le 7 mars 2019
Daniel Renaud LA PRESSE

Selon nos informations, ces deux policiers sont l'inspecteur André Boulanger et la lieutenant Caroline Grenier-Lafontaine.

M. Boulanger a été prêté à l'UPAC où il est devenu le chef aux opérations. C'est lui qui a été responsable de l'enquête baptisée Projet A sur les fuites des documents de l'enquête Mâchurer dans les médias, et au cours de laquelle Guy Ouellette, un policier de la SQ affecté à l'UPAC, Stéphane Bonhomme, et un retraité de la SQ, Richard Despatie, ont été arrêtés, mais jamais accusés. Une équipe spéciale composée d'enquêteurs de l'UPAC et d'autres organisations policières avait été créée pour cette enquête sur les fuites.

M. Boulanger est retourné à la Sûreté du Québec en avril 2018 et est actuellement en congé de maladie. Il y a quelques semaines, il a été avisé qu'à son retour, il sera affecté à des tâches administratives, le temps que durera l'enquête du BEI sur l'investigation Projet A de l'UPAC.

L'autre policière, la lieutenant Caroline Grenier-Lafontaine, faisait partie de l'équipe spéciale mise sur pied pour l'enquête Projet A.

C'est elle qui, notamment, a utilisé le téléphone de Richard Despatie, en se faisant passer pour ce dernier, et a longuement échangé des messages avec Guy Ouellette, alors en commission parlementaire, jusqu'à ce que le député soit arrêté quelques heures plus tard.

Selon nos informations, Mme Grenier-Lafontaine a été assignée à des tâches administratives il y a quelques semaines, le temps que se fasse l'enquête du BEI sur le Projet A.

Soulignons toutefois que ce sont des procédures habituelles que des policiers soient affectés à d'autres tâches lorsqu'ils font l'objet d'une enquête. Ces deux policiers ne font l'objet d'aucune allégations criminelles et ne sont accusés de rien.

Entrave à la justice?

Hier, la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault a annoncé que le directeur de la SQ, Martin Prud'homme, était relevé de ses fonctions en raison d'allégations de natures criminelles, sans préciser la nature de ces allégations.

Selon nos sources, ces allégations tireraient leur origine d'une rencontre avec un témoin que les enquêteurs du BEI ont tenue cette semaine, dans le cadre de leur enquête sur les agissements de l'UPAC lors de son investigation sur les fuites journalistiques qui a mené à l'arrestation de Guy Ouellette.

Selon des sources, Martin Prud'homme a été surpris et abasourdi par la décision du gouvernement, et ne connaîtrait pas la nature exacte des allégations formulée contre lui.

Des informations relativement à une entrave à la justice circulent mais rien n'a été confirmé par Québec.

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