Des chauffeurs de taxi manifestent une nouvelle fois, jeudi, dans plusieurs villes du Québec. Plusieurs convergent vers le parlement de Québec, où ils se rassembleront tout au long de la journée.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Il s’agit d’un ultime appel à l’aide adressé au gouvernement du Québec, alors que le projet de loi qui déréglemente l’industrie doit être adopté sous peu et que le projet pilote qui permet les activités d’Uber arrivera à échéance lundi.

« Nos membres de tous les coins du Québec ont manifesté le désir de manifester et de lancer un dernier cri d’aide au gouvernement », a expliqué le porte-parole de l’Association des taxis des régions du Québec, Serge Lebreux, en entrevue jeudi.

Des chauffeurs manifestent à Rouyn-Noranda, à Sept-Îles et Rimouski, par exemple. Et dès 9 h 30 des groupes ont commencé à se rassembler devant le parlement de Québec, où d’autres contingents viendront se joindre à eux jusqu’à 17 h.

« La loi a déjà commencé à faire des ravages, surtout en région. On était déjà en manque de personnel et, avec l’ajout de la menace de la loi et la publicité négative que ça a entraînée, ça a fait en sorte que les candidats se poussent vers d’autres professions », a soutenu M. Lebreux.

Revendications

L’ATRQ revendique une compensation plus généreuse pour les propriétaires de taxi, ainsi qu’une distribution plus équitable de ces sommes.

L’offre gouvernementale de 770 millions à laquelle 35 millions ont été récemment ajoutés, soit 805 millions, est jugée trop éloignée de la demande de l’industrie de 1,2 milliard pour compenser la perte de valeur des permis de taxi causée par la déréglementation.

L’association demande également qu’une table nationale sur le taxi se penche sur l’application de la future loi.

Elle demande aussi des « quotas de façon dynamique avec des agglomérations qui allaient épouser les mêmes territoires que les MRC » (Municipalités régionales de comté).

Le MTQ

Le ministre François Bonnardel a déposé des amendements à son projet de loi, lundi, mais ceux-ci n’ont pas suffi à calmer l’insatisfaction des propriétaires de permis de taxi. Il s’était notamment dit prêt à devancer le paiement des compensations plutôt que de les étaler sur 5 à 6 ans.

De même, le ministre a annoncé qu’il créerait une table nationale de concertation de l’industrie du transport rémunéré de personnes par automobile pour conseiller le gouvernement quant à l’application de sa réforme. Il a aussi bonifié le programme d’aide pour les besoins particuliers de propriétaires de permis de taxi.

M. Lebreux plaide que la technologie ne règle pas tous les problèmes de l’industrie, qu’il faut également donner davantage de formation aux chauffeurs et mieux encadrer l’industrie.

« On leur tend la main pour un dernier blitz de pourparlers. Pour l’instant, on n’a pas eu de téléphone » de la part du ministère des Transports, a déploré M. Lebreux jeudi avant-midi.