Anomalies, éthique critiquable, infractions au code de conduite, signatures douteuses de chèques et manquement à la confidentialité : un mois après avoir retiré 650 000 $ du financement à ses six maisons des jeunes, la Ville de Mirabel clarifie sa décision en citant les conclusions d’un rapport externe très critique réalisé au cours du dernier mois.

Thomas Dufour Thomas Dufour
La Presse

Il y a un an, la municipalité avait mis l’Association des maisons des jeunes de Mirabel sous tutelle, dénonçant une « mauvaise gestion » des finances. Des élus municipaux avaient alors pris le contrôle du conseil d’administration pour tenter de redresser la situation.

Incapable de réaliser ce changement, la Ville avait décidé, au début de juin, de mettre fin à un partenariat de 25 ans avec l’organisme à but non lucratif (OBNL), qui compte six maisons des jeunes à Mirabel, deux travailleurs de rue et une coopérative d’aide à l’emploi.

Le C.A., auquel siègent trois conseillers municipaux, a présenté vendredi les conclusions d’un rapport accablant à l’endroit de l’organisme. Tous les membres ont ensuite démissionné, marquant le retrait de la Ville des activités de l’association.

La présidente du C.A. et élue municipale, Ysabelle Gautier, a qualifié l’Association d’« organisation malsaine ». Le rapport qu’elle a présenté en assemblée parle notamment d’irrégularités dans les feuilles de présence, de manque de contrôle de dépenses cellulaires et de l’achat contestable de petits gâteaux (cupcakes).

« On a découvert que les jeunes n’en avaient pas pour leur argent », a dit Steve Charbonneau, qui a démissionné du C.A. vendredi. « Il devrait en rester plus pour eux. »

Depuis l’annonce du retrait des subventions, au début de juin, de nombreux adolescents se sont mobilisés pour sauver l’Association. Une pétition en ligne a récolté 8100 signatures.

Des désaccords

Jérôme Côté, nouveau président du C.A. depuis vendredi, qualifie les agissements de l’ancienne administration de « sabotage ». Il croit que l’ancien C.A. est responsable d’une partie des problèmes dénoncés dans le rapport réalisé au cours du dernier mois. « Les personnes accusatrices ont siégé au C.A. pendant neuf mois. On nous laisse une administration en mauvais état », explique-t-il.

Même s’il ne remet pas en cause la démarche de l’équipe derrière le rapport, M. Côté croit que ce dernier contient certaines « vues subjectives ». « Ce n’est pas basé sur des chiffres, mais sur des éléments de microgestion : sur l’utilisation des petites caisses, des chèques, des subventions. »

Il rappelle que la comptable qui vérifiait les états financiers de l’organisme depuis les cinq dernières années jugeait les finances en « bonne santé ».

Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, avait annoncé en juin dernier qu’il comptait redistribuer les 650 000 $ en services aux jeunes, mais sous d’autres formes. 

Deux des six maisons des jeunes de Mirabel resteront ouvertes, selon le maire. À partir de la rentrée, les établissements dans les secteurs de Saint-Benoît et de Sainte-Scholastique seront les seuls encore financés par la Ville.