L’un des plus gros corps de police d’Ontario lancera une campagne de publicité pour recruter les « individus affectés » par l’interdiction des signes religieux dans une partie du secteur public québécois.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Le conseil de la Peel Regional Police, en banlieue de Toronto, a adopté hier une résolution invitant les aspirants policiers québécois qui ont vu leurs ambitions professionnelles être limitées par l’adoption du projet de loi 21 à poser leur candidature auprès de l’organisation. La résolution prévoit aussi l’achat d’espaces publicitaires pour rejoindre ces personnes.

La Loi sur la laïcité de l’État interdit le port de signes religieux comme le hijab, le turban sikh ou le crucifix aux nouveaux policiers, professeurs et juges.

C’est le maire de Brampton, Patrick Brown, qui a rendu publique la décision du conseil de la Peel Regional Police. Il y siège.

« Nous devons envoyer un message clair aux partisans du projet de loi 21 au Québec », a-t-il affirmé par voie de communiqué, hier. « Cette loi viole la liberté de religion et ne respecte pas la Charte canadienne. »

Le maire Brown a indiqué qu’il demanderait aux pompiers de sa ville de lancer une campagne de recrutement semblable au Québec.

Il veut aussi que sa ville se joigne aux procédures judiciaires lancées par l’Association canadienne des libertés civiles. La décision sera prise lors d’une réunion du conseil municipal le 26 juin.

Brampton est « la ville la plus diversifiée sur le plan culturel et religieux au Canada », selon son maire. « Si Brampton ne se lève pas pour défendre la liberté de religion, qui le fera ? », a-t-il ajouté.  

La Peel Regional Police compte 2000 policiers. Elle a la charge d’une région comptant 1,4 million de résidants, ainsi que l’Aéroport Pearson de Toronto. Les villes de Brampton, Caledon et Mississauga s’y trouvent.