(Québec) Les libéraux souhaitent que Québec revoit à la hausse son programme d’indemnisation aux sinistrés pour que les citoyens qui ont été inondés à Sainte-Marthe-sur-le-Lac puissent toucher un montant qui est supérieur au plafond actuellement prévu de 200 000 $ afin de déménager.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

La députée libérale Christine St-Pierre a cité en exemple l’État du New Jersey, aux États-Unis, où le gouvernement aurait donné aux sinistrés une compensation qui équivaut à la valeur totale de leur propriété.  

«Ces gens-là ont des hypothèques. Ce sont de jeunes couples, de jeunes familles. La compensation ne compensera pas l’hypothèque [actuelle], et s’ils achètent une nouvelle maison, elle coûtera plus cher», a dit Mme St-Pierre, mercredi, entourée de familles sinistrées de cette banlieue située au nord-ouest de Montréal.  

Le nouveau programme d’indemnisation, annoncé par Québec en avril dernier, prévoit qu’un citoyen situé dans une zone inondable peut obtenir une indemnisation allant jusqu’à 200 000 $ pour quitter le secteur. Ce montant est disponible si la somme des paiements remboursés par gouvernement au fil des ans en raison de sinistres est égale ou supérieure à 50% de la valeur à neuf de la propriété, ou à 100 000 $.  

Christine St-Pierre souhaite que les résidents de Sainte-Marthe-sur-le-Lac n’aient pas à attendre de réclamer 100 000 $ de dommages avant de toucher à l’indemnisation pour quitter le secteur.

Situation tendue dans la ville 

Selon plusieurs médias d’information, la situation serait tendue entre les résidents de Sainte-Marthe-sur-le-Lac et la municipalité. Mardi, des centaines de citoyens ont exprimé leur colère lors d’une assemblée du conseil municipal.  

En juin, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) doit aussi statuer si la zone qui a été inondée après le bris d’une digue, le 27 avril dernier, doit désormais être considérée comme une zone inondable. La Presse révélait également le 23 mai dernier qu’un important projet immobilier était à l’étude sur les berges du lac des Deux-Montagnes, à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.  

«Reconstruire la digue en déclarant que c’est une zone non inondable, personne ne va croire ça. Reconstruire la digue en disant [aux citoyens] "vous êtes en zone inondable’", il faudrait que les gens qui vont se construire-là […] s’assument», a dit mercredi la députée Christine St-Pierre.  

«On s’adresse au gouvernement pour lui demander d’ajuster son programme à notre situation particulière. À Sainte-Marthe-sur-le-Lac, on n’a pas vécu une inondation naturelle. C’est la résultante du bris d’une digue […]. On demande de ne pas être les seuls, en tant que sinistrés, à porter toutes les conséquences de ce qu’on a vécu», a affirmé Myriam Sabourin, une citoyenne.

Critiquée par certains citoyens pour la gestion de la ville dans le cadre des inondations, la mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus, a écrit mardi une lettre ouverte dans La Presse dans laquelle elle dit qu’elle restera «debout devant les représentants de la Communauté métropolitaine de Montréal qui tentent de redéfinir notre territoire sans nous avoir consultés».

«Je compte sur le gouvernement du Québec pour m’appuyer et épargner les citoyens de Sainte-Marthe-sur-le-Lac face à cette perte de valeur de leur propriété», a-t-elle indiqué.