Les inondations de cette année sont plus importantes que celles de 2017, même s’il a moins neigé cet hiver. Voici quelques pistes pour comprendre comment les autorités tentent de sauver les meubles.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Sols gelés

PHOTO CAROLINE GRÉGOIRE, LE SOLEIL

La rivière Chaudière a envahi une partie de Sainte-Marie-de-Beauce.

Les inondations de 2017 ont suivi un hiver anormalement chaud au cours duquel il a beaucoup neigé, selon Étienne Boucher, géographe à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Cet hiver a été très froid et les précipitations ont été plus tardives dans la saison, dit M. Boucher. Les sols sont restés gelés plus longtemps et sont encore gorgés d’eau quand la neige fond, ce sont des facteurs aggravants. On a aussi vu beaucoup de glace dans les rivières, on a vu des embâcles ailleurs au Québec, sur la rivière Chaudière, par exemple. »

Le barrage de Cornwall

PHOTO CEEDUB13, TIRÉE DE WIKIPEDIA

Le barrage Moses-Saunders.

Le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, a averti les riverains du lac Ontario qu’ils feront bientôt face à des inondations, parce que le barrage canado-américain Moses-Saunders, à Cornwall, doit retenir les eaux du lac pour éviter d’empirer la situation dans la région montréalaise. Le niveau du lac a monté de 75 cm depuis le début de l’année, ce qui le place à seulement 25 cm de son maximum historique, atteint en 1973. En 2017, le barrage avait dû être ouvert quand il avait frôlé ce maximum historique, ce qui avait prolongé les inondations à Montréal.

Les réservoirs d'Hydro-Québec

PHOTO FOURNIE PAR LA SADC

Le réservoir Baskatong.

Grâce à ses quatre réservoirs situés dans le nord du bassin versant de l’Outaouais, Hydro-Québec peut retenir jusqu’à 40 % des précipitations qui y tombent. Les trois principaux réservoirs ont heureusement encore de la place : il reste toujours 1 mètre au réservoir Cabonga, 8 mètres à Baskatong et 4 mètres à Dozois, selon les données de la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais. En 2017, les trois réservoirs principaux se sont retrouvés au-dessus de 90% de leur capacité dans le cadre de la lutte aux inondations.

Neuf autres réservoirs

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Le réservoir du Poisson-Blanc.

Ontario Power, Québec et Ottawa ont neuf autres réservoirs dans le bassin versant, mais ils sont plus petits et beaucoup plus proches de leur maximum. Le réservoir de la centrale ontarienne Des Joachims, par exemple, en amont d’Ottawa, doit laisser aller un débit de près de 3000 m3/s, alors que les trois principaux réservoirs d’Hydro-Québec ont un débit de sortie de moins de 100 m3/s. Le réservoir le plus au sud, celui du lac du Poisson-Blanc, géré par le gouvernement du Québec, a dû doubler son débit de sortie depuis Pâques.