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Les écoles surchauffent, les élèves endurent

À la Commission scolaire de Montréal, et ailleurs... (Photo David Boily, La Presse)

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À la Commission scolaire de Montréal, et ailleurs dans la province, la vaste majorité des établissements ne sont pas climatisés.

Photo David Boily, La Presse

La vague de chaleur qui a frappé le sud du Québec hier a été pénible pour les élèves dont les établissements ne sont pas climatisés - soit la quasi-totalité des écoles primaires. À Laval, une élève a même présenté des symptômes qui s'approchent de ceux d'un coup de chaleur.

En revenant de son école de Laval, mardi, la petite Sandryne a dit qu'elle avait eu très chaud en classe et qu'elle avait mal à la tête.

« Voyant que ça ne passait pas, je lui ai donné du Tylenol, explique sa mère, Martyne Guimond. Sa condition a continué de se détériorer, et elle a commencé à avoir des frissons incontrôlables et des hallucinations. Elle disait que des chiffres et des lettres passaient très vite dans sa tête et que ça faisait très mal. »

En soirée, une infirmière du 811 a dit à Mme Guimond que les symptômes de sa fille s'apparentaient à ceux d'un coup de chaleur - et que donner du Tylenol empirait les choses.

« Nous l'avons observée toute la nuit. [Hier], elle n'est pas allée à l'école, elle devait rester au repos à l'air conditionné. Là, elle va mieux, mais on a eu très peur. »

Sandryne est une élève de cinquième année à l'école Notre-Dame-du-Sourire, à Laval. Une petite école où les épisodes de chaleur sont particulièrement pénibles, dit Mme Guimond.

« Même l'année passée, ça a été difficile les jours de chaleur, ça a été l'enfer. Les classes sont petites. Ils ont l'air conditionné dans la salle des profs et le bureau de la directrice, et c'est tout. »

La Presse a tenté de joindre la direction de l'établissement hier après-midi, sans succès. Un message laissé à la Commission scolaire de Laval n'a pas eu de suite.

Martyne Guimond a eu bien peur pour sa... (Photo Bernard Brault, La Presse) - image 2.0

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Martyne Guimond a eu bien peur pour sa fille Sandryne à son retour de l'école mardi, lorsque cette dernière présentait des symptômes s'apparentant à ceux d'un coup de chaleur.

Photo Bernard Brault, La Presse

PERSONNES À RISQUE

Si la température est montée à 32 degrés Celsius, le facteur humidex a atteint 42 à Montréal, avec un taux d'humidité de 66 %.

Le météorologue Antoine Petit, d'Environnement Canada, note qu'il n'est pas exceptionnel d'avoir une journée dépassant les 30 degrés Celsius au mois de septembre. « Chaque année, on a en moyenne près d'une journée de 30 degrés au mois de septembre. Au début du mois, c'est normal d'avoir de telles journées. »

À l'école le Plateau, les classes étaient trop chaudes pour l'enseignement. La direction a envoyé les jeunes de plusieurs classes dans l'auditorium, une grande pièce sans fenêtre et bien ventilée, plus fraîche.

Pour le Dr David Kaiser, responsable médical de l'équipe environnement de la Direction régionale de santé publique de Montréal, la journée était pénible pour les enfants, mais dans l'ensemble, pas inquiétante d'un point de vue médical.

« Ce qui nous inquiète, c'est comme au mois de juillet, quand on a eu trois, quatre, cinq jours de températures excessives, dit-il. Dans ces moments-là, ce sont surtout les personnes à risque, comme les personnes âgées, qui nous inquiètent. »

Dans le cas d'une canicule, le risque est surtout concentré la nuit, car les gens subissent des températures élevées pendant 12 ou 14 heures.

« Pour les écoles, dans une journée comme celle d'hier, un enfant doit avoir un accès libre à de l'eau et la journée doit être restructurée pour que les enfants ne soient pas pris dans des classes pendant des heures », dit le Dr David Kaiser.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la vaste majorité des établissements ne sont pas climatisés. « C'est le cas de toutes les écoles primaires, explique Alain Perron, porte-parole de la CSDM. Du côté des écoles secondaires, la majorité des établissements sont climatisés. Il s'agit de grosses constructions en béton érigées il y a 40, 45 ans, dont les fenêtres souvent ne s'ouvrent pas. »

Trois établissements de la CSDM ont aussi de la géothermie, soit l'école Saint-Noël-Chabanel, l'école Saint-Gérard et l'école Baril. « La géothermie, ce n'est pas de la climatisation, sauf que c'est quand même confortable à intérieur. »

La CSDM dit prendre acte du réchauffement climatique pour ses projets. « On tient compte de ces réalités climatiques dans nos demandes à Québec lorsque vient le temps de déposer les projets d'agrandissement et de construction », dit Alain Perron.

La chaleur d'hier a aussi été ressentie dans les Laurentides, notamment à Sainte-Agathe-des-Monts, où la température ressentie était de 36.

Stéphanie Fournelle-Maurice, porte-parole de la Commission scolaire des Laurentides, note que les parents ont été avisés hier que les récréations allaient être raccourcies, que certains cours pouvaient être déplacés dans les locaux plus frais de l'école et que l'enseignement serait entrecoupé de pauses plus fréquentes.

« En plus, le personnel et les élèves étaient invités à boire de l'eau fréquemment », dit-elle.

Mme Fournelle-Maurice note que le message a bien été entendu, et que la commission scolaire n'a reçu aucune plainte pour la chaleur. « On a parlé avec les directions d'établissement, et tout était sous contrôle. »




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