Un employeur doit mettre en place des mesures préventives pour éviter que ses employés ne subissent un coup de chaleur en ces journées de canicule. La température ressentie devrait frôler les 40 aujourd'hui à Montréal.

Publié le 3 juill. 2018
André Dubuc LA PRESSE

Selon la température et l'aspect physique du travail, un employeur devrait accepter de multiplier et d'allonger les pauses à l'ombre, recommande la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), tout en fournissant l'eau fraîche en quantité suffisante et en incitant ses employés à en boire souvent, jusqu'à un verre d'eau toutes les 10 minutes.

L'employeur consciencieux verra à informer les travailleurs des dangers des coups de chaleur, des symptômes et des signes à surveiller, ainsi que des soins à prodiguer.

La CNESST a une section de son site internet consacrée à la prévention des coups de chaleur.

QU'EST-CE QU'UN COUP DE CHALEUR ?

Un coup de chaleur se produit quand le corps ne réussit plus à se refroidir. La température du corps de 37 °C se met à augmenter et peut dépasser les 40 °C.

QUELS SONT SES SYMPTÔMES ?

Ses premiers symptômes sont les étourdissements, les vertiges et une fatigue inhabituelle. En leur présence, il faut cesser le travail et prévenir un superviseur. Si une personne se met à tenir des propos incohérents, à perdre l'équilibre ou à perdre conscience, ça devient une urgence médicale.

QUI EST À RISQUE ?

Cette semaine où la météo menace de battre des records de chaleur, la situation est particulièrement critique pour les employés qui travaillent dehors et qui accomplissent un travail physique : bûcherons, reboiseurs, ouvriers agricoles et couvreurs.

QUE DEVRAIT FAIRE LE PATRON ?

Dans ces cas, le patron doit penser à remettre à plus tard ou à une période plus fraîche de la journée les tâches ardues non essentielles. Si c'est impossible, l'employeur devrait accorder des pauses à l'ombre ou au frais aux travailleurs toutes les heures et s'assurer que ces derniers se réhydratent plusieurs fois par heure.

QU'EN EST-IL DES TRAVAILLEURS EN USINE OU DES EMPLOYÉS DE BUREAU ?

Quand le mercure affiche 32 °C et que l'humidité relative dépasse les 60 %, comme c'était le cas hier matin, la chaleur devient pénible pour les travailleurs en usine et dans les bureaux, si ceux-ci ne sont pas climatisés. Dans ces conditions, la CNESST recommande aux travailleurs de boire un verre d'eau toutes les 20 minutes.

À L'INTÉRIEUR DE L'USINE, EST-CE QUE CERTAINS TRAVAILLEURS SONT PLUS À RISQUE QUE D'AUTRES ?

Pour les travailleurs affectés au travail lourd (travailleur au pic ou à la pelle) et au travail moyen (qui nécessite des déplacements, des efforts de levée et de poussée), la CNESST recommande aux employeurs de faire faire un travail plus léger quand c'est possible, d'aménager des postes de travail dans des endroits frais ou climatisés, de regrouper les travailleurs en équipe et de favoriser une rotation des tâches. La durée des pauses doit augmenter pour les travailleurs affectés à un travail lourd.

SI JE FAIS UN TRAVAIL LÉGER, DOIS-JE ME SOUCIER DE QUELQUE CHOSE ?

Pour les travailleurs qui accomplissent un travail léger (comme faire fonctionner une machine), la situation mérite un suivi parce que les travailleurs n'ont pas eu le temps de s'acclimater à la chaleur. Ça prend en moyenne cinq jours pour s'y habituer.

Pour cette raison, la CNESST recommande d'ajuster le rythme de travail en tenant compte de l'adaptation des travailleurs à la chaleur. Il est ainsi suggéré de remettre à plus tard les tâches plus ardues. Boire un verre d'eau toutes les 20 minutes est aussi indiqué.

SI L'EMPLOYEUR A DES RESPONSABILITÉS, QUELLES SONT CELLES DU TRAVAILLEUR ?

Boire de l'eau fraîche en quantité suffisante, même s'il n'a pas soif ; éviter l'alcool et le café. Porter des vêtements légers, de couleur claire, qui permettent l'évaporation de la sueur. Se couvrir la tête à l'extérieur. Redoubler de prudence en cas de problèmes de santé ou de prise de médicaments. Ajuster son rythme de travail selon sa tolérance. Prendre des pauses à l'ombre, dans un endroit frais ou climatisé.

QUE FAIRE SI ON SOUPÇONNE QUE QUELQUE CHOSE NE VA PAS ?

Surveiller ses réactions et celles de ses collègues pour déceler tôt les symptômes et les signes de malaise. Signaler immédiatement aux collègues de travail les comportements inhabituels d'un travailleur. Cesser le travail aux premiers symptômes de malaise. Prévenir son superviseur ou le secouriste.

Source : CNESST