Une affiche publicitaire qui cherche à vendre de la bière forte de marque Boris en piquant l'orgueil des consommateurs est dénoncée par Éduc'alcool et plusieurs internautes, cet après-midi.

Publié le 28 juin 2018
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

«Si elle est trop forte, c'est que tu es trop faible!» clame la pancarte, dont au moins un exemplaire existe toujours sur la rue Hochelaga, à Montréal. 

Les deux bières qui figurent sur la publicité, Boris et Boris Slam, sont des boissons contenant à 8,6% et 10,5% d'alcool.

C'est le groupe Geloso, derrière la controversée boisson FCKD UP, qui exploite la marque de commerce Boris depuis quelques années au Québec. Le FCKP UP (11,9% d'alcool) visait un jeune public et a été retiré des tablettes après la mort d'Athéna Gervais, 14 ans, qui en avait consommé pendant la pause du midi près de son école secondaire en mars dernier. 

L'origine de l'affiche est toutefois incertaine : la compagnie assure qu'elle date d'avant 2018, mais se refuse à donner plus d'explications.

«Il va sans dire que l'affiche incite à la consommation excessive et qu'elle joue sur le goût du risque qui attire tant les jeunes, ce qui est particlièrement mal venu car c'est un groupe fort vulnérable», a expliqué à La Presse Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool. L'affiche «capitalise à fond sur le taux d'alcool, ce qui est contraire au Code d'éthique de l'industrie québécoise des boissons alcooliques», selon lui. 

Dans un courriel, M. Sacy a aussi souligné que ce n'était pas la seule controverse au centre de laquelle se retrouvait le Groupe Geloso.

Sur internet, de nombreuses personnes ont vivement critiqué le message publicitaire.

Un médecin, David Lussier, l'a ainsi qualifiée d'«irresponsable», alors que l'internaute qui a accroché le grelot à la situation a dénoncé une «incitation à boire en jouant sur l'estime de soi».