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Le vigneron Norman Hardie visé par des allégations de harcèlement sexuel

Le vigneron ontarien Norman Hardie est devenu persona... (Photo Olivier Pontbriand, Archives La Presse)

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Le vigneron ontarien Norman Hardie est devenu persona non grata dans la foulée d'une enquête du Globe and Mail révélant des cas de harcèlement et d'attouchements sexuels sur des femmes.

Photo Olivier Pontbriand, Archives La Presse

L'an dernier, son vin était servi à l'ancien président Barack Obama et au premier ministre Justin Trudeau dans un restaurant de Montréal. Hier, des restaurateurs se dépêchaient d'effacer toute trace de ses produits sur leur carte. Jusque-là star de la viniculture, le vigneron ontarien Norman Hardie est devenu persona non grata dans la foulée d'une enquête du Globe and Mail révélant des cas de harcèlement et d'attouchements sexuels sur des femmes.

Dans les restaurants de David McMillan, Joe Beef,... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, archives LA PRESSE) - image 1.0

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Dans les restaurants de David McMillan, Joe Beef, le Liverpool House et le Vin Papillon, les produits Norman Hardie ne sont plus offerts depuis janvier.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, archives LA PRESSE

« Il a oublié sa responsabilité », croit le chef du restaurant montréalais Joe Beef, David McMillan. Celui-ci connaît Norman Hardie et entend des rumeurs à son sujet depuis des années, mais il n'a été témoin d'aucun incident. Il achetait et vendait son vin jusqu'à il y a quelques mois. À son avis, le producteur « faisait un gros party », plutôt que d'agir avec la diligence requise de la part de ceux qui oeuvrent dans l'univers de l'alcool. « Faut pas oublier que dans le monde de la restauration, on a un permis de donner de la drogue aux gens. »

Hier, le Globe and Mail a publié les témoignages de femmes, dont une ancienne employée de chez Joe Beef, qui affirment avoir subi des attouchements sexuels de la part de Hardie dans un contexte professionnel.

Sarah Reid, ex-serveuse du restaurant phare de M. McMillan, a raconté au quotidien avoir croisé Norman Hardie dans un événement vinicole à Montréal. Elle avait 20 ans. Ils se seraient assis ensemble pour discuter. Selon son témoignage, l'homme aurait mis son bras autour d'elle avant de déboutonner sa chemise et d'y glisser sa main. Il aurait fait la même chose dans son pantalon. La jeune femme s'est éclipsée quand il est allé aux toilettes. Elle n'a pas parlé de l'événement à ses patrons.

« C'est un homme. Il est beaucoup plus vieux que moi. Il est dans une position de pouvoir. J'avais l'impression, et j'ai toujours l'impression, de n'avoir aucun pouvoir dans cette situation. »

- Sarah Reid au Globe and Mail

Une autre femme, Heather Bruce, qui travaillait comme gérante au restaurant du vignoble de Prince Edward County, a affirmé au Globe and Mail s'être fait agripper un sein par son patron après que du vin lui eut échappé. Il aurait touché ses fesses à un autre moment et aurait tenté de l'embrasser.

Dans une lettre publiée sur internet, le producteur admet que « plusieurs » des allégations le concernant sont vraies. « Des comportements et du langage que je considérais à l'époque comme inoffensifs ou bon enfant ne l'étaient pas. C'est particulièrement vrai étant donné ma position de pouvoir. »

DES VINS RETIRÉS

Hier, dans la foulée de la publication du texte du Globe and Mail, plusieurs restaurants, dont le célèbre Toqué!, ont décidé de ne plus offrir les produits de Norman Hardie. « Ce sont des vins qu'on appréciait, mais vu les allégations, on a décidé de les retirer de la carte », explique une porte-parole de l'établissement, Amélie Talbot-Baudenon.

La taverne Monkland a annoncé sur Twitter avoir pris la même décision.

Dans les restaurants de David McMillan, Joe Beef, le Liverpool House et le Vin Papillon, les produits de Norman Hardie ne sont plus offerts depuis janvier. Le chef envisageait depuis plus d'un an de mettre un terme à sa collaboration avec le vignoble en raison d'un désaccord sur la méthode de fabrication du vin.

À la même époque, une amie qui travaillait pour le vigneron ontarien aurait été victime de harcèlement psychologique de sa part. « C'est quelqu'un pour qui j'ai beaucoup de respect et que j'aime beaucoup, et je voyais qu'elle avait beaucoup de mal à se remettre de ce harcèlement. » Il a voulu aborder la question de front avec M. Hardie, mais son amie lui a demandé de ne pas intervenir.

Puis M. McMillan a reçu, il y a plusieurs mois, un appel du Globe and Mail. Il a découvert les allégations contre le producteur. 

« À un moment donné, ça ne peut pas plus puer que ça. »

- Le restaurateur David McMillan

Il se dit « horrifié » et « déçu », mais pas surpris. « J'avais entendu au fil des années qu'il avait été un peu con à Vancouver, un peu con à Terre-Neuve, un peu con à Ottawa. Même à Montréal, j'entendais dire comment il avait fermé un restaurant et qu'il avait été un peu con, mais pas plus con que d'autres vignerons qui viennent ici. On a l'habitude d'avoir des vignerons soûls dans les restaurants, qui boivent, qui disent des conneries, qui font les clowns. »

Ce qui l'a particulièrement troublé, c'est qu'une de ses employées fasse partie des plaignantes. « Je lui ai envoyé un message pour dire que j'étais fier d'elle et déçu de moi-même d'avoir peut-être donné l'impression que je n'étais pas là. Qu'elle n'était pas à l'aise de se confier quand c'est arrivé. Mon personnel, c'est tout pour moi. J'ai de la misère à savoir qu'une personne dans mon staff a pu penser que j'aurais pris son [parti] à lui. J'aurais voulu corriger cette situation-là quand c'est arrivé. »




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