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Fuites dans l'enquête sur Charest et Bibeau: perquisitions de l'UPAC

L'UPAC a demandé l'aide de patrouilleurs de la... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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L'UPAC a demandé l'aide de patrouilleurs de la police de Longueuil pour sécuriser les lieux pendant une de ses perquisitions ce matin.

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) mène ce matin des perquisitions chez un policier et un ex-policier soupçonnés d'avoir entravé l'enquête criminelle Mâchurer sur l'ex-premier ministre Jean Charest et le collecteur de fonds libéral Marc Bibeau, a appris La Presse.

À 11h ce matin, alors que ses équipes étaient à pied d'oeuvre sur le terrain, la direction de l'UPAC refusait toujours de répondre à nos questions. Mais La Presse a pu confirmer de sources sûres que les mandats exécutés à deux domiciles en périphérie de Montréal évoquent des soupçons d'entrave à la justice et d'abus de confiance.

Les documents précisent que l'UPAC croit pouvoir saisir chez les deux personnes visées des éléments de preuve quant à ces infractions. Pour l'instant, personne n'a été arrêté.

Selon nos sources, l'opération de ce matin est une réaction au coulage dans les médias de documents internes sur l'enquête Mâchurer, qui est toujours active.

Fuite de documents

En avril dernier, les médias de Québecor avaient diffusé des documents internes de l'UPAC, dont une copie d'une déclaration faite aux policiers par un témoin, l'ex-délégué général du Québec à New York Bruno Fortier. M. Fortier avait fourni beaucoup d'information aux enquêteurs sur les liens entre Jean Charest et l'ex-grand argentier du PLQ Marc Bibeau.

Un organigramme, des fiches d'informations sur messieurs Bibeau et Charest, des courriels de demande d'assistance, des relevés de voyages avaient aussi été diffusés. De passage à l'Assemblée nationale, en mai, le commissaire de l'UPAC, Robert Lafrenière, avait dit souhaiter trouver «le bandit qui a fait ça», en référence à la fuite des documents.

L'UPAC entend démontrer que la diffusion de ces documents internes dans le public en cours d'enquête, notamment la déclaration d'un témoin qui s'est confié aux enquêteurs, a nui à son travail.

Au moment où les documents avaient coulé dans les médias, l'UPAC n'avait toujours pas accès à une grande partie de la preuve saisie dans les bureaux des entreprises de Marc Bibeau, parce que les avocats de ce dernier avaient contesté une perquisition jusqu'en Cour suprême, retardant le processus de trois ans. Depuis, la justice a donné aux enquêteurs accès à ce qu'ils voulaient.

Questions sur un «pont d'or» présumé

L'enquête Mâchurer est toujours en cours. Elle concerne certains joueurs influents du Parti libéral du Québec sous le règne de Jean Charest. En mai, La Presse a révélé que les enquêteurs qui y sont affectés ont interrogé plusieurs témoins de la vie politique sur un présumé «pont d'or», une importante somme d'argent qui aurait pu être accordée à Jean Charest par des entreprises désireuses de le voir prendre la tête du Parti libéral du Québec, en 1998.

Personne n'a été accusé de quoi que ce soit à ce sujet jusqu'ici et Jean Charest avait nié avoir reçu de telles sommes. Il avait décrié «le climat malsain qui règne au Québec, où les règles les plus élémentaires de justice sont bafouées, portant ainsi atteinte à la crédibilité et à la légitimité de nos institutions».




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