L'ex-directeur des travaux publics de Montréal, Robert Marcil, écope d'une radiation d'un an de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) pour avoir accepté en 2008 un voyage en Italie avec l'entrepreneur Joe Borsellino.

Publié le 7 oct. 2014
Pierre-André Normandin LA PRESSE

«La conduite reprochée à [Robert Marcil] est grave et porte ombrage à l'ensemble de la profession», peut-on lire dans la décision du Conseil de discipline de l'OIQ. L'ex-fonctionnaire est donc condamné à «deux périodes de radiation d'un an à purger de façon concurrente».

Le Conseil avait d'abord jonglé avec l'idée d'imposer une sanction plus lourde, mais s'est finalement rallié à la suggestion des parties après avoir analysé les peines imposées à d'autres ingénieurs.

En mai dernier, l'ingénieur de profession avait été reconnu coupable d'avoir «omis de sauvegarder son indépendance professionnelle et d'éviter toute situation de conflit d'intérêts, en acceptant de participer à un voyage en Italie sachant qu'un entrepreneur faisant affaire avec son employeur y participerait». Il avait aussi été reconnu coupable «d'avoir manqué d'intégrité en n'informant pas préalablement son employeur de ce voyage et d'avoir accepté un avantage, soit le paiement d'une partie des frais du voyage par l'entrepreneur.» Ces avantages ont été évalués à 7600$ en frais d'hébergement et de restauration.

Dans sa décision, le Conseil rappelle que M. Marcil était un ingénieur d'expérience au moment des faits reprochés, lui qui est membre de l'OIQ depuis 1988. Il occupait aussi un poste important à la Ville de Montréal. En tant que directeur des travaux publics au moment du voyage, il dirigeait une équipe de 230 employés et supervisait un budget de 250 millions par an.

Le Conseil souligne également qu'il «se devait de sanctionner [M. Marcil] pour les gestes qu'il a commis et non pour des révélations qui ont été faites devant la commission Charbonneau ou dans les médias».

La décision complète peut être consultée ici >>