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Dessau tente de réparer les pots cassés

Devant le risque de sa disparition, la firme de génie-conseil Dessau évoque la... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Devant le risque de sa disparition, la firme de génie-conseil Dessau évoque la possibilité d'ouvrir son gousset pour rembourser des sommes empochées grâce à la collusion. Combien? Comment? Tout reste à discuter, selon la vice-présidente principale de la firme, en entrevue à La Presse, pour qui les stratagèmes révélés sont une responsabilité partagée avec le monde politique.

Dessau est en mode survie. Depuis que l'Autorité des marchés financiers (AMF) lui a signifié jeudi qu'elle ne remplissait pas les conditions pour avoir accès à la manne des contrats publics, la firme de génie-conseil tente de se sortir de ce bourbier éthico-commercial, y compris en offrant de payer son dû.

En entrevue hier à La Presse, la vice-présidente principale et chef de l'exploitation chez Dessau, Isabelle Jodoin, a affirmé que sa firme envisageait un remboursement des sommes liées à la collusion. «S'il y a quelque chose qui se concrétise, on est ouvert à discuter. Mais il faut le définir et ce n'est pas 30%», a-t-elle indiqué avec prudence.

Ce pourcentage fait figure de symbole depuis le début des audiences publiques de la commission Charbonneau. Les nombreux témoignages qui y ont été entendus établissent que le partage illégal des contrats publics permettait aux collusionnaires d'empocher une marge de profit de quelque 30%.

Mme Jodoin a rappelé que Dessau n'est pas la seule firme concernée, se gardant bien de nommer un concurrent en particulier. «Le génie-conseil au complet doit ouvrir la porte à cette possibilité. Comment ça va se faire? Je ne le sais pas», a-t-elle dit.

Un système qui s'annonce complexe

Est-ce que les actions détenues jusqu'à récemment par les frères Sauriol, Rosaire et Jean-Pierre, forcés de démissionner pour leur implication ou leur connaissance des affaires douteuses menées par Dessau pourraient servir à un remboursement des fonds publics? «Tout est sur la table», laisse tomber Isabelle Jodoin.

Cette dernière a précisé que l'Institut de la gouvernance apporte son soutien à Dessau dans sa réflexion. Récemment, le président de l'Institut, Michel Nadeau, suggérait de déterminer les sommes surfacturées par les firmes et d'évaluer la portion des contrats obtenus par chacune d'elles pour établir les sommes à verser.

L'ancien premier ministre Lucien Bouchard, qui siège au comité consultatif relevant du conseil d'administration de Dessau, est d'accord pour emprunter la voie du remboursement, avec toutefois quelques nuances. «Ce n'est pas dénué de sens. Mais comment établir un régime par lequel seuls les fautifs paieront?» a-t-il lancé à La Presse, laissant voir ainsi qu'il faudrait, selon lui, faire la distinction entre la firme et les dirigeants impliqués.

Le président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, réagissait hier à la situation dans laquelle se retrouve Dessau, soulignant notamment que les firmes ont une démonstration claire à faire de leurs valeurs d'intégrité. «On ne peut pas acheter la probité, ce n'est pas par le paiement d'un chèque qu'on va acheter la probité. Les gens qui ont des sommes et qui doivent de l'argent au Trésor public, ils vont le payer», a affirmé le ministre.

La part du gouvernement

En entrevue, Isabelle Jodoin ne cachait pas sa hâte de connaître la position du gouvernement à l'égard de Dessau. Cela apparaissait d'autant plus important que, selon elle, le monde politique a une part de responsabilité dans les gestes illégaux de financement des partis politiques.

Mme Jodoin a tout de même abordé la question avec des pincettes: il n'est pas dans les habitudes de la maison de faire des déclarations aux médias et elle ne souhaitait surtout pas donner l'impression que Dessau rejetait la faute sur d'autres. «J'ai peur d'aller là», a-t-elle d'abord laissé tomber. Puis, elle a mentionné que «ça interpelle tout le monde». «Il y a des torts partagés. Ça se fait à deux. Pas de demande, pas d'enjeux. Mais oui, on aurait pu dire qu'il n'était pas question qu'on les écoute. Et à l'inverse, certains vont prétendre que l'offre est venue de notre côté», a conclu Isabelle Jodoin.

- avec la collaboration de Philippe Teisceira-Lessard




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