Raymond Gravel n'est pas en faveur de la nomination de Marc Ouellet comme prochain pape. L'abbé croit que le successeur de Benoit XVI devra être une personne humaine et de coeur.        

Publié le 11 févr. 2013
Émilie Bilodeau LA PRESSE

«Ça ne prend pas un exégète, un scientifique, un professeur d'université ou un théologien. Ça prend un homme de terrain, un missionnaire qui a travaillé un peu dans la misère. Quelqu'un qui a été proche des pauvres. Parce que la raison d'être de l'Église et de l'Évangile, c'est la préférence pour les pauvres et les blessés de la vie», explique-t-il.

L'abbé Raymond Gravel croit que les cardinaux réunis en conclave pourraient choisir un pape qui n'est pas cardinal. Sinon, il apprécie le travail de Francis Arinze, du Nigéria, ainsi que des cardinaux des Philippines et de l'Argentine.

«Le cardinal Ouellet a de belles qualités. C'est un professeur et un théologien. Il a peut-être travaillé en Amérique du Sud, mais c'était dans un séminaire de formation de prêtres. Il n'a pas travaillé avec les gens du peuple tandis que les trois autres, ils ont travaillé avec le peuple. C'est ça que ça nous prendrait, quelqu'un proche de la réalité d'aujourd'hui».

M. Gravel a brièvement discuté avec Benoit XVI alors qu'il n'était pas encore pape. Il avait trouvé le cardinal froid à l'époque. Lundi, son opinion a changé. «J'ai été surpris par la qualité de cet homme-là. J'ai trouvé que c'était un signe d'humilité [sa démission]. Il y en a qui s'accrochent au pouvoir autant en politique qu'en religion... Il a sans doute vu Jean-Paul II mourir péniblement. Je pense qu'il ne voulait pas vivre ça. Et comme il est encore lucide, il a décidé de laisser sa place. C'est savoir partir.»