De grands enjeux

Le ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean,  Serge Simard.... (Photo Gimmy Desbiens)

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Le ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Serge Simard. «Nous aurons l'occasion de revenir, au cours des 34 prochains jours, sur les enjeux propres au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Déjà, il apparaît qu'il sera difficile de les inscrire au coeur même des grands débats nationaux.»

Photo Gimmy Desbiens

François St-Gelais
Le Quotidien

(Chicoutimi) C'est parti. Le secret le moins secret au Québec a éclaté au grand jour, hier avant-midi : les électeurs sont conviés aux urnes le 4 septembre. Voilà qui est réglé. Les Québécois pourront donc décider quel parti politique, quel chef, quelle équipe auront la délicate tâche de sortir la province de la crise sociale dans laquelle elle s'est engluée, au printemps dernier, sur un bruyant fond de casserole, de banderoles et de contestation populaire. À lui seul, cet enjeu est énorme et, sans doute, il mérite d'être tranché dans les urnes.

On sait déjà que la campagne «Été 2012» sera dure, vindicative, hargneuse même. Elle risque de prendre, plus le scrutin approchera, l'allure d'une véritable lutte à mort, avec toutes les stratégies, les déclarations enflammées et les coups plus ou moins au-dessus de la ceinture qu'une telle situation engendre. En début de semaine, une déclaration erronée malencontreusement attribuée au député sortant de Roberval, Denis Trottier, a ainsi été utilisée par ses adversaires sur toutes les plateformes possibles, fournissant un avant-goût du ton qui sera employé.

Enjeux

Les enjeux de fond qui sous-tendent le déclenchement des élections, en plein été, contribuent certes à ce climat tendu. On parlera de santé, de frais de scolarité, de développement économique, régional et nordique, de gestion des affaires publiques et d'occupation du territoire. Mais, en raison de la crise économique et du contexte propre aux derniers mois, ces thèmes récurrents prendront une nouvelle teinte d'urgence... Au-delà de cette réalité, il y a le fait que les trois grands chefs en lice y jouent leur avenir politique, leur place dans l'histoire. Une défaite et leur carrière se termine, du moins dans le cas de Jean Charest et de Pauline Marois, sur de fausses notes. Une quatrième victoire consécutive du premier ministre et il confirme, compte tenu des circonstances, ses qualités de combattant, de leader et d'homme politique aguerri. Une victoire de la chef péquiste et elle devient la première première ministre de l'histoire du Québec, avec une opportunité de viser la souveraineté...

Déjà, sur les médias sociaux, la guerre est déclarée avec force et fracas. On sait également que la campagne sera dure parce que les trois grands partis sont au coude à coude dans les sondages. Et aussi parce que les nouveaux partis apparus dernièrement sur la scène politique dérangent l'ordre établi, et que Québec solidaire, dans les grands centres, laisse planer une véritable menace de percée. Espérons seulement que des idées constructives jailliront tout de même de ce maelstrom...

Pari

En déclenchant des élections dans ces circonstances, Jean Charest prend un pari. Le pari qu'il sera, pour les libéraux, plus payant de surfer sur l'économie et la notion de respect de la loi et de l'ordre social issue de leurs positions devant le «printemps étudiant» plutôt que d'attendre et de mener toute une campagne alors que les étudiants, justement, sont tous de retour en cours, ou dans les rues, c'est selon, et avec en filigrane les travaux de la Commission Charbonneau, qui seront suivis avec attention cet automne. Le PLQ prend aussi le pari de faire une campagne alors que l'économie québécoise tient encore le coup. Car l'Europe chancelle, et quand l'économie européenne chancelle, celle de la Chine aussi. Et la demande en ressources de la Chine et de l'Asie constitue le moteur du Plan Nord, pierre angulaire du programme libéral.

Bref, Jean Charest prend le pari d'offrir une vision qu'il qualifie de stable devant les grandes promesses de changement et de bouleversements sociaux véhiculées par la CAQ et face aux spectres de la souveraineté et de la «conciliation étudiante» brandis par le PQ. La stabilité contre l'inconnu et l'instabilité, dit-il.

Nous aurons l'occasion de revenir, au cours des 34 prochains jours, sur les enjeux propres au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Déjà, il apparaît qu'il sera difficile de les inscrire au coeur même des grands débats nationaux.

Pourtant, c'est hors de Montréal que l'issu du scrutin se scellera. Les régions ressources resteront-elles fertiles en élus pour le PQ? La CAQ réussira-t-elle une percée significative dans la grande région de Québec et dans les banlieues de Montréal? Au-delà de la valeur des candidats présentés par les partis, qui ont tous réalisé de bonnes prises, la tenue des chefs sera déterminante à cet égard. La campagne électorale a beau être estivale, elle n'en sera pas moins particulièrement importante pour le Québec et son issue hautement imprévisible.




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