L'ancien chef de la police et candidat à la mairie de Montréal Jacques Duchesneau aurait demandé à l'un de ses organisateurs politiques d'agir à titre de prête-nom pour cacher la provenance d'un prêt de 10 000$ obtenu après sa défaite électorale, en 1999.

Publié le 18 nov. 2010
Daphné Cameron LA PRESSE

L'organisateur en question, Gilles Prud'homme, a fait ces allégations dans un reportage diffusé hier soir sur les ondes de TVA. «J'ai agi comme prête-nom, a-t-il déclaré. Il m'a demandé de lui rendre service. C'était un appel personnel.»

 

«C'est sûr que c'est un peu contourner la loi, mais je pense que s'il voulait payer rapidement sa dette (de campagne électorale), c'était une façon de le faire», a-t-il ajouté en précisant qu'il n'avait jamais touché les intérêts inscrits dans les documents que le parti politique a remis au gouvernement.

Le reportage affirme qu'un deuxième prêt de 10 000$ accordé par une certaine Mme Montpetit a été fait à l'ancien parti municipal de M. Duchesneau, le parti Nouveau Montréal. Or, allègue le journaliste, cette Mme Montpetit n'a jamais habité à l'adresse fournie dans les documents officiels. L'adresse correspond plutôt à un immeuble dont M. Prud'homme est propriétaire. Le prénom de Mme Montpetit n'apparaît pas dans le document.

Les lois électorales du Québec limitent les prêts qu'un individu peut faire à un parti politique à 10 000$.

Jacques Duchesneau est entré dans la police de Montréal en 1968 à l'âge de 18 ans. Il a été nommé chef en 1994. Quatre ans plus tard, il a quitté le service de police pour briguer la mairie de Montréal. Il a toutefois essuyé une humiliante défaite contre Pierre Bourque. Duchesneau s'est récemment vu confier la tâche de scruter l'attribution des contrats au ministère des Transports du Québec.

Il n'a pas été possible de joindre M. Duchesneau avant de mettre sous presse. Ce dernier n'a pas encore donné sa version des faits dans cette affaire.