Le duo d'humoristes Cheech et Chong a profité de son passage à Montréal dans le cadre du Festival Just For Laughs pour critiquer la position de Stephen Harper sur la décriminalisation de la marijuana.

Nelson Wyatt LA PRESSE CANADIENNE

Inutile de préciser que les deux «poteux», qui furent longtemps des icônes de la contre-culture dans les années 1970, sont d'ardents défenseurs de la légalisation de la marijuana.

Richard «Cheech» Marin a prodigué des conseils plutôt cinglants au premier ministre Stephen Harper, lui suggérant notamment de se sortir la tête du derrière de George W. Bush. «Allume, enfoiré», a-t-il ensuite répondu lorsque La Presse Canadienne lui a demandé ce qu'il voudrait dire au premier ministre.

Son complice Tommy Chong, que l'on a pu voir dans la télé-série That 70s Show il y a quelques années, était vêtu d'un chandail à l'effigie de Marc Emery, cet activiste britanno-colombien surnommé le «Prince du pot» qui pourrait passer cinq ans en prison aux États-Unis après avoir été surpris à vendre de la marijuana via Internet.

Il s'est dit «insulté», en tant que Canadien, de constater que le gouvernement Harper avait accédé à la demande états-unienne d'extrader Emery. Pas tout à fait surpris, toutefois, a précisé celui qui a déjà purgé une peine d'emprisonnement de neuf mois en 2003 après avoir été surpris à vendre des pipes destinées à fumer du pot.

Il y a une zone grise dans la législation canadienne, a soutenu Cheech Marin, et ces imprécisions rendent la marijuana quasi-légale. Il est donc difficile de savoir si c'est légal ou pas, d'après lui.

Par ailleurs, la marijuana est utilisée pour ses vertus thérapeutiques depuis des siècles, a fait valoir Tommy Chong.

Ces commentaires surviennent quelques semaines après que la police eut mené des raids dans les clubs Compassion du Québec, qui vendent de la marijuana thérapeutique.

Le bureau du premier ministre n'a pas commenté les propos de Cheech et Chong.