Des groupes de défense de locataires blâment les partis libéral et conservateur pour la "perte" de près de 52 000 logements sociaux au Québec depuis 1994 et leur demande de s'engager à investir 2 milliards $ par année pour rétablir la situation.

Charles Dubé

Des groupes de défense de locataires blâment les partis libéral et conservateur pour la "perte" de près de 52 000 logements sociaux au Québec depuis 1994 et leur demande de s'engager à investir 2 milliards $ par année pour rétablir la situation.

Selon les données compilées par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), la région de l'Outaouais aurait perdu 1757 logements sociaux, dont 1456 à Gatineau, depuis que le gouvernement fédéral à arrêter de les financer. Ce retrait avait été annoncé par le gouvernement conservateur de Brian Mulroney en avril 1993. Il est devenu effectif le 1er janvier 1994 et les gouvernements libéraux de Jean Chrétien et Paul Martin l'ont maintenu. "Les deux grands partis devront répondre des torts qu'ils ont causés aux mal-logés et aux sans-abri du Québec, et de l'Outaouais en particulier, et s'engager à les réparer", a lancé le coordonnateur de Logemen'occupe, François Roy.

La situation aurait pu être pire, a-t-il ajouté, si le gouvernement québécois n'avait pas pris la relève du fédéral avec des programmes comme Accès-Logis. Ainsi, sans les 28 217 logements que le Québec a continué à financer - dans certains cas, avec de l'argent d'Ottawa -, ce serait donc 80 205 logements sociaux perdus plutôt que 51 988.

Dans l'ensemble du Canada, ce sont plus de 200 000 logements sociaux qui auraient été perdus et la situation est souvent pire parce que les autres provinces, sauf la Colombie-Britannique, n'ont pas investi autant que le Québec, a soutenu M. Roy.

cdube@ledroit.com