Robert Brunet passera vraisemblablement le restant de ses jours en prison pour le meurtre non prémédité de Violet Graves, une octogénaire retrouvée morte dans son appartement de la rue Spence, à Hawkesbury, en juillet 2000.

Jean-François Dugas

Robert Brunet passera vraisemblablement le restant de ses jours en prison pour le meurtre non prémédité de Violet Graves, une octogénaire retrouvée morte dans son appartement de la rue Spence, à Hawkesbury, en juillet 2000.

Le juge Robert Maranger a consenti à la demande de la procureure adjointe de la Couronne, Julie Bourgeois, d'imposer la prison à vie à l'homme de 63 ans, avec possibilité d'une liberté conditionnelle après avoir purgé 20 ans derrière les barreaux, hier, à L'Orignal.

"Il est clair que cet homme est dangereux et capable de faire n'importe quoi, a plaidé Me Bourgeois dans son mot de la fin avant le verdict du magistrat. Tel un méchant loup, il a saisi le petit oiseau vulnérable et n'en a fait qu'une bouchée."

Même s'il a qualifié le drame comme "terrifiant", l'avocat de la défense, Ian McKechnie, a proposé qu'une libération conditionnelle après 15 ans serait "raisonnable". À cet effet, il a invoqué plusieurs facteurs, notamment l'âge du meurtrier et l'absence d'un dossier criminel.

Le juge a balayé de la main cette proposition.

"(Le meurtre) a été une attaque brutale, vicieuse et violente. La victime était une vulnérable femme de 81 ans qui dormait dans sa maison. La victime a été sauvagement agressée sexuellement. M. Brunet ne souffre d'aucun problème psychologique. À ce jour, il existe aucune raison de quelque sorte pouvant expliquer le crime. M. Brunet, je vous condamne à la prison à vie et vous ne serez considéré pour une libération conditionnelle qu'après avoir purgé 20 ans de votre peine", a statué le juge.

La décision a été accueillie sans véritable éclat dans la salle d'audience. Toutefois, quelques larmes de joie ont été versées parmi les membres de la famille Graves tandis que des pleurs de tristesse ont été observés chez les proches de M. Brunet.

"Le juge a considéré plusieurs facteurs et j'estime qu'il a rendu une décision équitable", a affirmé Clarence Graves, fils aîné de la victime à la suite du jugement.

Ce dernier ajoute que la famille n'est pas prête à fermer les livres sur la tragédie, mais que le verdict du juge Maranger apportait une certaine satisfaction et une paix d'esprit.

"Nous ne sommes pas à la dernière page (de l'histoire), mais nous sommes rendus au dernier chapitre", a-t-il ajouté.

Reconnu coupable par la cour mardi dernier, et impassible tout au long de son procès qui a débuté en janvier 2007, M. Brunet a présenté des excuses froides à la cour avant d'entendre sa sentence.

"Je voudrais m'excuser auprès de la famille Graves et à ma propre famille" a simplement dit le meurtrier avant d'entendre sa sentence.

Depuis son arrestation en avril 2005, le coupable a toujours soutenu qu'il ne se souvenait pas des événements fatidiques du jour du crime. Cette prétention n'a jamais été acceptée par la Couronne.

"Il n'y a aucune preuve de cette amnésie médicale. C'est un choix qu'il a fait de ne pas se rappeler de rien. L'accusé a dit n'importe quoi pour son propre bénéfice et bien paraître", a fustigé Me Bourgeois en traitant même M. Brunet de lâche.

jfdugas@ledroit.com