Le chef libéral, Stéphane Dion, veut s'attaquer au problème de la pénurie de médecin au pays et il a annoncé au Parc Biomédical de Sherbrooke qu'un nouveau gouvernement libéral créera un Fonds pour les médecins et le personnel infirmier de 420 millions de dollars sur quatre ans afin que tout le monde ait accès à un médecin.

Gilles Toupin

«De trop nombreux Canadiens n'ont pas de médecin de famille. Et les délais d'attente dans les services d'urgence ou pour les diagnostics importants sont trop longs parce qu'il y a peu de personnel infirmier et médical pour répondre aux besoins de plus en plus grands. C'est inacceptable», a déclaré M. Dion après un blitz de deux jours à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse.

Le chef libéral promet donc d'accroître les ressources dédiées à la formation des médecins, des infirmiers et des techniciens médicaux. Il veut également éliminer les goulots d'étranglement qui ralentissent actuellement l'accréditation de nouveaux professionnels de santé et il accordera un soutien financier aux médecins et autres professionnels de la santé formés à l'étranger pour les aider à obtenir leur accréditation canadienne plus rapidement.

«Qu'ils sortent de leurs taxis qu'ils viennent dans les cliniques, a-t-il lancé. C'est ça qu'on veut, c'est ça qu'ils veulent.»

M. Dion a aussi annoncé que son gouvernement, s'il est élu, récompensera les étudiants en médecine qui choisissent les spécialisations comme la médecine familiale, la médecine en milieu rural et la gériatrie.

De plus, pour accroître le nombre de médecins et de personnel infirmier dans les collectivités mal desservies, un gouvernement libéral diminuera de 10 000 dollars par année la dette d'études d'un professionnel de la santé si ce dernier accepte de pratiquer dans ces collectivités pendant au moins cinq ans.

Stéphane Dion a profité de l'occasion pour rappeler aux gens de Sherbrooke que le chef conservateur avait discrètement laissé tomber l'une de ses grandes promesses électorales des élections de 2006, la réduction des temps d'attente dans les urgences et les hôpitaux.

«Ce n'est pas parce qu'il a effacé sa promesse de tous les sites web du gouvernement que nous l'avons oubliée, a dit M. Dion. Les Canadiens, eux, ne l'oublieront pas le 14 octobre.»

Les libéraux s'appuient sur un rapport publié par l'Association médicale canadienne (AMC) en janvier dernier pour avancer que de 4 à 5 millions de Canadiens n'ont toujours pas de médecin de famille et que 5 millions d'entre eux de plus pourraient se trouver dans la même situation d'ici 2018.

L'AMC explique, toujours selon les libéraux, que pour atteindre la moyenne des pays de l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) d'un médecin pour 1 000 habitants, le Canada devra recruter 26 000 nouveaux praticiens dès maintenant. Et cela ne tient pas compte du fait que le Canada devrait compter 1,3 million d'habitants de plus en 2012. D'après l'Association des infirmières et des infirmiers du Canada, notre pays sera confronté à une pénurie de 78 000 infirmiers d'ici 2011, 113 000 en 2016.

« C'est un gouvernement libéral qui a mis en oeuvre notre système universel de soins de santé il y a plus de 40 ans, et c'est un gouvernement libéral qui veillera à ce que notre système de soins de santé public reste performant et accessible pour tous les Canadiens, dès maintenant et à l'avenir », a conclu M. Dion.

Le chef libéral a par ailleurs insisté pour dire que son plan était tout à fait différent de celui annoncé avant-hier par le chef néo-démocrate, Jack Layton. «Le plan de Layton, ce sont des promesses en l'air, a-t-il déclaré. C'est complètement irréaliste.» M. Dion a expliqué que M. Layton veut augmenter le nombre d'étudiants qui sortent des facultés de médecine de 1 200 par année. Or, il en sort déjà 1 500.

Il s'agit donc d'une augmentation proposée de 65%. Les provinces, poursuit M. Dion, sont limitées par le nombre de places disponibles dans les universités. «Il faut donc que les provinces accroissent le nombre de places d'internat disponibles dans les hôpitaux pour que les jeunes diplômés puissent acquérir l'expérience pratique nécessaire à leur accréditation. Tenter d'augmenter le nombre de places dans les facultés ne résoudra pas ce problème. La promesse de M. Layton est tout simplement intenable dans les délais qu'il mentionne.»