Que ce soit dans les rues, dans les parcs ou dans les boutiques, les résidants de la circonscription de Saint-Lambert n'auront aucun répit au cours des prochaines semaines.

Violaine Ballivy

Les candidats aux élections partielles du 8 septembre comptent les talonner pour les convaincre de s'intéresser à la politique pendant leurs vacances. Ils ont à leur faire miroiter un ambitieux plan environnemental, un renforcement des politiques familiales et un nouveau pont Champlain.

Familles, familles, familles, la candidate bloquiste Josée Beaudin n'avait que ce mot à la bouche, ou presque, au moment de lancer sa campagne, hier. Très engagée dans le développement communautaire local, Mme Beaudin entend faire de l'amélioration des conditions de vie des familles son cheval de bataille.

«Voir des familles se battre pour avoir un logement abordable, qui doivent débourser plus de 50% de leur revenu pour se loger, cela a été suffisant pour me donner envie de prendre le chemin de la politique», dit-elle.

Situation des jeunes parents

Sa vision des questions environnementales est tout aussi teintée par ses préoccupations pour la situation des jeunes parents. Pour accroître la fréquentation des transports en commun et réduire les émissions de gaz à effet de serre, elle cite l'importance de faciliter l'accès des poussettes dans les autobus. Elle veut aussi «sensibiliser les commerces à la réalité des familles». Elle en a déjà convaincu plusieurs d'élargir leurs allées pour faciliter la circulation des poussettes et de ne pas mettre de produits trop attrayants à la portée des tout-petits.

Josée Beaudin semble partir avec une longueur d'avance dans cette circonscription, que Maka Kotto a remportée lors des deux derniers scrutins (2004 et 2006) avant de se présenter pour le Parti québécois dans Bourget, l'hiver dernier. Les adversaires de Mme Beaudin en sont bien conscients. Le Parti libéral et le Parti conservateur l'ont tous deux ciblée comme «la candidate à battre.»

Mais grâce au Tournant vert de Stéphane Dion, l'avocate Roxane Stanners a bon espoir de redonner aux libéraux la circonscription qu'ils détenaient avant 2004. «L'environnement, c'est LE défi qui intéresse tout le monde.» Elle ne croit pas que la complexité de ce plan soit de nature à rebuter les électeurs en vacances: «C'est simple à comprendre: on veut taxer ce qu'on ne veut pas ou qu'on veut moins.» Du côté des conservateurs, Patrick Clune tentera pour la troisième fois d'affilée de se faire élire, mais avec un nouveau projet, des plus ambitieux: un nouveau pont Champlain.

«Avec une solution intégrée pour les transports en commun, c'est un projet qui aura un impact tant sur le plan de l'environnement que sur l'économie de la Rive-Sud», dit-il. Mais il devra convaincre son premier ministre d'aller de l'avant. «Dès le lendemain de mon élection, je vais entrer dans le bureau de Lawrence Cannon (ministre fédéral des Transports) pour le convaincre de lancer le projet. Il connaît mes idées, il est ouvert aux discussions». M. Clune, qui a vu ses appuis tripler entre le scrutin de 2004 et celui de 2006, pense pouvoir récupérer une partie importante de l'électorat anglophone de la circonscription, qui dépasse les 10%. Le Nouveau Parti démocratique présente quant à lui une recrue, Richard Marois, qui se présente comme «le seul vrai candidat vert». Président du conseil régional de l'environnement de la Montérégie et militant écologiste de longue date, M. Marois croit que ses adversaires ont pris un virage vert pour suivre une tendance plutôt que par conviction. Il compte se démarquer en misant sur le développement durable.

Motiver les citoyens

La circonscription de Saint-Lambert compte 94 541 électeurs répartis à Longueuil (60%) et Saint-Lambert. Peu importe les couleurs qu'ils défendent, les candidats sont tous placés devant le même défi, celui de motiver ces citoyens le 8 septembre prochain. Dans une élection partielle, le taux de participation dépasse rarement les 40%, indiquent les données d'Élection Canada.